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Le retour de La Dame à la licorne : un premier pas vers Cluny 4 !

Posté par sourcesmedievales le 15 décembre 2013

LDALLdetail1Certains l’avaient oublié, malgré son label « chef-d’œuvre ». La Dame à la licorne est pourtant de retour dans les murs parisiens du musée national du Moyen Âge.

Six tapisseries sont de retour – et on pas une, comme on a tendance parfois le croire – dont la signification reste encore mal connue. Inspirées d’une légende allemande, réalisées dans les dernières années du XVe siècle pour un commanditaire inconnu – probablement lyonnais selon l’héraldique représentée –, elles sont découvertes en 1841 au château de Boussac dans la Creuse par Prosper Mérimée, inspecteur des Monuments Historiques, qui le fit classer. En 1882, Edmond de Sommerard, le premier directeur du musée de Cluny, en fait l’acquisition pour les collections, contre la somme de 25.000 Francs-or. La Dame à la licorne devient rapidement ce que plusieurs appellent « la Joconde » du musée de Cluny. Mais que dire de cette tenture tissée à l’extrême fin du XVe siècle ? La signification généralement acceptée est celle de l’allégorie des cinq sens sur les cinq premières tapisseries : la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût et le toucher. La sixième, qui porte l’inscription « mon seul désir » (encadrée des initiales A et I) reste énigmatique, interprétée comme le sens intérieur, celui du cœur, hommage possible à l’ « Amour humain »… Le décor « mille fleurs » des tapisseries, avec des fleurs et des animaux, est certes classique pour l’époque, mais il présente la particularité d’être à fond rouge, ce qui, selon les spécialistes, est audacieux, surtout si l’on suit les codes des couleurs de l’époque.

Ce retour de La Dame à la licorne dans une salle rénovée engage le musée de Cluny dans une communication intelligente autour de la conservation et de la présentation des tapisseries, introduction au projet « Cluny 4 ».

L’histoire s’est réglé en deux étapes. Dans un premier temps, il a été décidé que La Dame à la licorne, examinée en 2011 par des experts, avait besoin d’une restauration sérieuse – la dernière datait de la Seconde guerre mondiale –, entre dépoussiérage (par micro aspiration) et lavage, puis consolidation de certaines parties fragilisées par l’accrochage. Ces opérations ont été ainsi menées en 2012, dans le respect des techniques médiévales, des matériaux utilisés et des couleurs d’origine. A cette occasion, la RMN a mené une campagne photographique exhaustive sur l’œuvre. Puis La Dame à la licorne a voyagé, pour quelques mois, au pays du Soleil Levant – ce n’est pas un hasard… – pour le plus grand bonheur des Japonais de Tokyo et Osaka.

Dans un second temps, la salle d’exposition de La Dame à la licorne, une rotonde du musée éclairée par fibres optiques depuis 1992, a été reconfigurée par Paul Barnoud, architecte en chef des Monuments Historiques. L’accrochage retenu présente les tapisseries du sens le plus matériel (le toucher) au plus spirituel (la vue), l’éclairage privilégie désormais les LED et « la scénographie a été pensée comme un espace intime, facilitant le contact direct du visiteur avec l’œuvre » selon le communiqué de presse. Ce chantier a été essentiellement soutenu par un mécène, le groupe japonais NHK, et par une participation de la Société des Amis du musée de Cluny.

Retour de La Dame à la licorne dans un nouvel écrin et premiers pas vers « Cluny 4 ». Avec le soutien du ministère de la Culture et de la Communication, le Musée national du Moyen Âge engage en effet, avec cet événement, un ambitieux programme de rénovation muséographique afin d’améliorer l’accueil des publics, mettre en valeur le bâtiment – et notamment les thermes antiques – et augmentant sa superficie sur l’espace ouvrant vers le boulevard Saint-Michel.

Cette extension par un nouveau bâtiment de près de 600 m2 sur deux niveaux, et qui sera accolé au bâtiment « néo-antique » du XIXe siècle, a été annoncée le 13 septembre dernier par la ministre Aurélie Fillippetti, dans le cadre de sa politique en matière de patrimoine. Un projet engagé par un concours sur la maîtrise d’œuvre qui sera lancé début 2014, avec un lauréat choisi durant l’année pour un démarrage du chantier en 2015. Il sera principalement destiné à l’accueil du public – un nouvel accès au musée donc, plus visible – et à la régie des œuvres.

On reviendra dans un prochain billet sur ce grand chantier à venir. En attendant… on va s’en aller (re)voir La Dame à la licorne dès cette semaine !

Une programmation d’événements dans le cadre « La Dame à la licorne comme vous ne l’avez jamais vue » est organisée par Musée de Cluny (fichiers pdf ci-dessous).

fichier pdf MuseeCluny – Dame à la licorne activités
fichier pdf MuseeCluny – Programme Jour le plus court – 21 12 2013

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Les pleurants de Bourgogne à Cluny : attention, chef d’œuvre !

Posté par sourcesmedievales le 27 février 2013

Les pleurants de Bourgogne à Cluny : attention, chef d’œuvre ! dans Actualités pleurants2b-300x242
« Les pleurants des tombeaux des ducs de Bourgogne sont des œuvres d’art profondément touchantes. Au-delà de leurs évidentes qualités visuelles et narratives, nous ne pouvons pas nous empêcher d’être emplis de l’émotion qu’ils expriment au travers de leur procession funéraire, pleurant, priant, chantant, perdus dans leurs pensées, donnant libre cours à leur chagrin, ou consolant leur voisin. Le deuil, comme ils nous le rappellent, est une expérience collective, commune à tous les peuples et à toutes les époques. »

Sophie Jugie, Directrice du Musée des Beaux-Arts de Dijon


Comme de coutume, l’invitation au vernissage du Musée national du Moyen Âge ce 26 février 2013 méritait réponse et donc visite pour cet événement unique : le retour en terre de France des pleurants du tombeau de Jean Ier de Bourgogne (1371-1419), dit Jean sans Peur, duc de Bourgogne, comte de Flandres, d’Artois et de Charolais… pour ces principaux titres. Pourquoi « retour » ? Cela demande une petite explication sur le parcours de l’œuvre ces trois dernières années avant de l’aborder plus longuement.

En 2010, les salles médiévales du Musée des Beaux-arts de Dijon ont été fermées pour une large rénovation. Les 39 figures en albâtre, les « pleurants » du tombeau ducal, conservées dans une des salles, la salle des Gardes, ont été désolidarisées du tombeau et sont donc parties en tournée internationale aux États-Unis – notamment au Métropolitan Museum of Art de New-York – tournée de deux ans outre-Atlantique où elles ont été vues par plus de 600.000 personnes.

Leur retour récent sur le vieux continent a connu trois étapes ; le musée de l’Hôpital Saint-Jean de Bruges en Belgique, le Bode Museum de Berlin en Allemagne et, in fine, le musée de Cluny, avant un retour dans les salles rénovées dijonnaises à la fin de l’été 2013.

Qui sont les pleurants ? De grande renommée, l’ensemble est mal connu par le grand public, car peu montré. Les pleurants du tombeau de Jean sans Peur sont pourtant des chefs-d’œuvre de la sculpture bourguignonne du XVe siècle. Ils proviennent du tombeau monumental du duc de Bourgogne et de son épouse Marguerite de Bavière (1363-1423). L’histoire dit que ce fut une commande de leur fils, Philippe III Le Bon (1396-1467), s’inspirant des sculptures précédemment réalisés par Claus Sluter et son équipe au sein de l’atelier ducal pour le tombeau de son grand-père, Philippe le Hardi (1342-1404). En 1443, deux sculpteurs sont sollicités. Jean de la Huerta (1413-1462) qui se consacre à l’ouvrage jusqu’en 1456, réalisant la galerie du tombeau, les pleurants en pierre d’albâtre, les anges de la dalle et le heaume du duc de Bourgogne. Son successeur, Antoine le Moiturier (1425-1480), sculpte les gisants de 1446 à 1449, puis achève les pleurants et l’arcature du tombeau. L’ensemble achevé, il est difficile aujourd’hui de dire qui a sculpté quoi sur les 39 pleurants composant le tombeau dans lesquels on retrouve deux enfants de cœur, le clergé dont un évêque, des chartreux, puis des deuillants appartenant à la famille et à la maison du duc. Le travail de sculpture est exceptionnel, pour des statuettes d’environ 40 centimètres de haut, mais la mise en valeur fut souvent occultée par leur présentation dans le soubassement du tombeau de Jean sans Peur.

Restait donc à inventer une mise en scène exceptionnelle, une scénographie muséale originale pour mettre en valeur les pleurants, les effets de drapé avec remous de plis et, dans la mesure du possible, le cortège dans son entier. L’idée d’installer les pleurants dans une procession funèbre, et non de poser sur un site des statues individuelles comme ce fut le cas dans certains lieux d’expositions, a donc pris le pas, afin de rehausser à la fois le travail de la pierre et la symbolique de l’objet. Libérés de l’arcature du tombeau, les pleurants ont dès lors participé à la construction de l’événement et ont été intégrés dans une exposition propre aux scénographes retenus par Cluny, scénographes qui avaient déjà notamment commis l’exposition sur la Croatie médiévale et l’événement Hopper 2012-2013 au Grand Palais.

Rassemblés dans une salle unique, cachés du visiteur lors de son entrée dans le lieu par un mur ajouré, les 39 pleurants se découvrent ensemble et se succèdent en un semblant de cercle, sur un podium incliné, dépouillés de tout cartel ou d’accompagnement secondaire, dans un demi-éclairage. 39 figures de larmes d’albâtre enveloppées dans leurs manteaux, profondément touchantes et exprimant de diverses manières l’intensité dramatique des émotions face à la mort. Un moment fort qui ne laisse pas indifférent le visiteur, une exposition – au sens littéral – de grande qualité… Attention, chef d’œuvre !

L’exposition est présentée du 27 février au 3 juin 2013 au Musée de Cluny – musée national du Moyen Âge, du mercredi au lundi, de 9h15 à 17h45.

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