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Agrégation d’histoire : gouverner en Islam entre le Xe et le XVe siècle

Posté par sourcesmedievales le 28 juin 2014

islamGouverner en Islam entre le Xe et le XVe siècle (Iraq jusqu’en 1258, Syrie, Hijaz, Yémen, Égypte, Maghreb et al-Andalus)

Argumentaire du Jury


Cette question porte sur la part du monde islamique issue du premier siècle des conquêtes et qui est restée attachée, tout au long ou pendant une large part de la période considérée, à la langue arabe du premier gouvernement impérial.

C’est pourquoi elle exclut l’Anatolie et les Balkans, l’Iran, l’Asie Centrale et le monde turcique, les Indes, l’Islam malais et l’Islam africain, tous espaces dont l’historiographie est par ailleurs plus difficile à mobiliser pour les candidats et les enseignants qui les préparent au concours.

Elle s’ouvre avec le moment où la proclamation de trois califats rivaux (à Bagdad, à Mahdiya, puis au Caire, et enfin à Cordoue après 929) le prive de son unité impériale, puis y renouvelle peu à peu, avec l’emprise croissante des « peuples nouveaux » (Turcs, Berbères), le fonctionnement des armées et de l’État. Elle se prolonge jusqu’aux bouleversements de la fin du XVe siècle et du début du XVIe siècle : chute de Grenade (en 1492), chute du Caire aux mains des Ottomans (en 1517), émergence du chérifisme dans le Maghreb extrême.


L’intitulé met l’accent sur la culture politique de l’Islam. Tous les aspects de la pratique du gouvernement seront donc sollicités : légitimation des pouvoirs – puisque leur multiplicité les place désormais en constante position de rivalité ; ambitions universelles, conquêtes tribales et consolidations impériales ; constitution des armées, tribales, mercenaires ou serviles, conduite de la guerre, poids et distribution de la fiscalité; ethnicité des castes et des fonctions dans l’État ; titulature des princes, affirmation des califats, des sultanats, des pouvoirs délégués ; mise en place et en scène des souverainetés, sédentarité ou itinérance du pouvoir, sièges et repos de la puissance, villes capitales, palais ou citadelles, mausolées et nécropoles ; autorité et privilèges religieux des califats, pratiques orthodoxes, audaces hétérodoxes et dévotions soufies ; magnificence des objets, mécénat des édifices et des fondations pieuses, enrôlement des savants ; protection, exploitation ou persécution des communautés minoritaires, juives et chrétiennes.

Au total, la question se trouve en adéquation étroite avec l’esprit qui préside à l’enseignement de l’histoire des civilisations dans l’enseignement secondaire :
– elle souligne la profondeur des mutations historiques durant les six siècles étudiés, et invite à ne pas présenter la civilisation islamique comme un tableau sans profondeur temporelle – l’Islam a une histoire, ou plutôt est une histoire ;
– dans toute la mesure du possible, et sans jamais rien retirer aux singularités de l’histoire islamique, elle permet de mettre en valeur les formes impériales du gouvernement qu’on pourra rapprocher d’autres expériences politiques dans d’autres aires de civilisation.

Bibliographie de base (fichier pdf) : fichier pdf Biblio SHMESP Islam (version courte)

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Les pleurants de Bourgogne à Cluny : attention, chef d’œuvre !

Posté par sourcesmedievales le 27 février 2013

Les pleurants de Bourgogne à Cluny : attention, chef d’œuvre ! dans Actualités pleurants2b-300x242
« Les pleurants des tombeaux des ducs de Bourgogne sont des œuvres d’art profondément touchantes. Au-delà de leurs évidentes qualités visuelles et narratives, nous ne pouvons pas nous empêcher d’être emplis de l’émotion qu’ils expriment au travers de leur procession funéraire, pleurant, priant, chantant, perdus dans leurs pensées, donnant libre cours à leur chagrin, ou consolant leur voisin. Le deuil, comme ils nous le rappellent, est une expérience collective, commune à tous les peuples et à toutes les époques. »

Sophie Jugie, Directrice du Musée des Beaux-Arts de Dijon


Comme de coutume, l’invitation au vernissage du Musée national du Moyen Âge ce 26 février 2013 méritait réponse et donc visite pour cet événement unique : le retour en terre de France des pleurants du tombeau de Jean Ier de Bourgogne (1371-1419), dit Jean sans Peur, duc de Bourgogne, comte de Flandres, d’Artois et de Charolais… pour ces principaux titres. Pourquoi « retour » ? Cela demande une petite explication sur le parcours de l’œuvre ces trois dernières années avant de l’aborder plus longuement.

En 2010, les salles médiévales du Musée des Beaux-arts de Dijon ont été fermées pour une large rénovation. Les 39 figures en albâtre, les « pleurants » du tombeau ducal, conservées dans une des salles, la salle des Gardes, ont été désolidarisées du tombeau et sont donc parties en tournée internationale aux États-Unis – notamment au Métropolitan Museum of Art de New-York – tournée de deux ans outre-Atlantique où elles ont été vues par plus de 600.000 personnes.

Leur retour récent sur le vieux continent a connu trois étapes ; le musée de l’Hôpital Saint-Jean de Bruges en Belgique, le Bode Museum de Berlin en Allemagne et, in fine, le musée de Cluny, avant un retour dans les salles rénovées dijonnaises à la fin de l’été 2013.

Qui sont les pleurants ? De grande renommée, l’ensemble est mal connu par le grand public, car peu montré. Les pleurants du tombeau de Jean sans Peur sont pourtant des chefs-d’œuvre de la sculpture bourguignonne du XVe siècle. Ils proviennent du tombeau monumental du duc de Bourgogne et de son épouse Marguerite de Bavière (1363-1423). L’histoire dit que ce fut une commande de leur fils, Philippe III Le Bon (1396-1467), s’inspirant des sculptures précédemment réalisés par Claus Sluter et son équipe au sein de l’atelier ducal pour le tombeau de son grand-père, Philippe le Hardi (1342-1404). En 1443, deux sculpteurs sont sollicités. Jean de la Huerta (1413-1462) qui se consacre à l’ouvrage jusqu’en 1456, réalisant la galerie du tombeau, les pleurants en pierre d’albâtre, les anges de la dalle et le heaume du duc de Bourgogne. Son successeur, Antoine le Moiturier (1425-1480), sculpte les gisants de 1446 à 1449, puis achève les pleurants et l’arcature du tombeau. L’ensemble achevé, il est difficile aujourd’hui de dire qui a sculpté quoi sur les 39 pleurants composant le tombeau dans lesquels on retrouve deux enfants de cœur, le clergé dont un évêque, des chartreux, puis des deuillants appartenant à la famille et à la maison du duc. Le travail de sculpture est exceptionnel, pour des statuettes d’environ 40 centimètres de haut, mais la mise en valeur fut souvent occultée par leur présentation dans le soubassement du tombeau de Jean sans Peur.

Restait donc à inventer une mise en scène exceptionnelle, une scénographie muséale originale pour mettre en valeur les pleurants, les effets de drapé avec remous de plis et, dans la mesure du possible, le cortège dans son entier. L’idée d’installer les pleurants dans une procession funèbre, et non de poser sur un site des statues individuelles comme ce fut le cas dans certains lieux d’expositions, a donc pris le pas, afin de rehausser à la fois le travail de la pierre et la symbolique de l’objet. Libérés de l’arcature du tombeau, les pleurants ont dès lors participé à la construction de l’événement et ont été intégrés dans une exposition propre aux scénographes retenus par Cluny, scénographes qui avaient déjà notamment commis l’exposition sur la Croatie médiévale et l’événement Hopper 2012-2013 au Grand Palais.

Rassemblés dans une salle unique, cachés du visiteur lors de son entrée dans le lieu par un mur ajouré, les 39 pleurants se découvrent ensemble et se succèdent en un semblant de cercle, sur un podium incliné, dépouillés de tout cartel ou d’accompagnement secondaire, dans un demi-éclairage. 39 figures de larmes d’albâtre enveloppées dans leurs manteaux, profondément touchantes et exprimant de diverses manières l’intensité dramatique des émotions face à la mort. Un moment fort qui ne laisse pas indifférent le visiteur, une exposition – au sens littéral – de grande qualité… Attention, chef d’œuvre !

L’exposition est présentée du 27 février au 3 juin 2013 au Musée de Cluny – musée national du Moyen Âge, du mercredi au lundi, de 9h15 à 17h45.

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