• Accueil
  • > Recherche : concile moyen age

Résultats de votre recherche

Ebles de Roucy (1102)

Posté par sourcesmedievales le 5 avril 2008

concile.jpg« Dilapidant les biens de la noble église de Reims et des églises rattachées à elle, le puissant et turbulant baron Ebles de Roucy et son fils Guischard les soumettaient aux ravages de leur tyrannie. Son activité au métier des armes [il avait poussé l’ostentation jusquà partir pour l’Espagne avec une armée d’une importance qui ne convenait qu’aux rois], s’élevait de pair avec une rapacité déréglée qui le poussait aux pillages, aux rapines, aux méchancetés de toute espèce. Contre un criminel de cette stature, le seigneur roi Philippe avait reçu cent fois des plaintes lamentables ; elles finirent par arriver à deux ou trois reprises jusqu’à son fils ; ce fils alors convoque et rassemble une petite armée d’environ sept cents chevaliers choisis parmi les plus nobles et les plus robustes barons de France ; il marche en tête vers Reims ; par une active campagne de presque deux mois, il châtie les pillards qui s’en sont précédemment pris aux églises, dévasté les terres du tyran susnommé et de ses complices, les anéantit par le feu, les livre au pillage. Bien fait : voici les pillards pillés, les bourreaux aussi, ou plus durement, torturés. Si grande était, tant qu’il fut là, l’ardeur du sire et celle de son armée, qu’ils cessèrent à peine – ils ne cessèrent pas si l’on excepte les samedis et les dimanches – soit, épées et lances au poing, de chercher le contact, soit de ravager les champs pour venger les injures reçues. Cette lutte n’était pas seulement dirigée contre Ebles, mais aussi contre tous les barons voisins qui, avec les grands barons lorrains leurs parents, formaient un ost fourni. S’engagent cependant de nombreux pourparlers de paix ; comme d’autres soucis et des tâches délicates rendaient souhaitables ailleurs sa présence, le jeune sire, après avoir pris conseil des siens, exigea et obtint dudit tyran, pour les églises, une paix que, otages reçus, il lui fit assurer par serment. »

Suger, Vie de Louis VI le Gros, Paris, 1964, p. 25, éd. Ch. De La Roncière, Ph. Contamine, R. Delort, L’Europe au Moyen Age, (fin XIIIe-fin XVe siècle), 2, Paris, 1969, p. 30-31.

Publié dans Occident XIIe s. | Pas de Commentaires »

1...1011121314
 

lesjournalistes |
Carnet de voyage |
Espace d'un enseignant-appr... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | luna la lunatique dans la lune
| maman89
| *~~ Lili ~~*