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Croatie médiévale : un festival, un patrimoine remarquable et des reliquaires

Posté par sourcesmedievales le 30 décembre 2012

Croatie médiévale : un festival, un patrimoine remarquable et des reliquaires dans Actualités img_1825-224x300«  La veille de la Saint-Martin, ils arrivèrent devant Zara en Slavonie et ils virent la cité fermée de hauts murs et de hautes tours ; et en vain vous auriez demandé une [cité] plus belle, plus forte, ou plus riche. Et quand les pèlerins la virent, ils s’émerveillèrent beaucoup […] » (d’après G. de Villehardouin, De la Conqueste de Constantinople, Renouard, Paris, 1838).

L’exposition « Et ils s’émerveillèrent… Croatie médiévale » a ouvert ses portes au Musée national du Moyen Âge de Cluny le 10 octobre 2012 et s’achèvera le 7 janvier 2013. Occasion ultime de profiter de cette exposition dans les jours à venir. Derniers feux d’une Croatie médiévale méconnue.

Le projet d’une exposition sur la Croatie médiévale est à l’origine une commande politique. Il s’inscrit dans un programme national lancée en septembre 2012, un festival intitulée « Croatie, la voici » rassemblant une soixantaine d’événements organisés à l’occasion de l’adhésion de ce pays à l’Union européenne. La Croatie deviendra en effet le 28e état-membre de l’Union à partir du 1er juillet 2013. Le choix de Cluny est un choix fortement affectif dû à la musicologue, diplomate et francophile Seadeta Midzic qui, en février 2011, devient commissaire générale pour un projet d’exposition en France. Avec la volonté de mettre en avant l’héritage historique de la Croatie, principauté au IXe siècle, puis royaume en 925, elle contacte naturellement Cluny.

La venue conjointe (et médiatisée) de Ivo Josipovic, président de la République de Croatie, et de François Hollande, président de la République Française, au Musée de Cluny le 9 octobre n’était donc pas un hasard ou une coïncidence. Pour une fois, le Moyen Âge fut à la une (ou presque) des journaux télévisés du soir.

Petit retour en arrière sur cette exposition. Quand la chose fut mise en place début 2011, dans le temps court imparti et avec un budget serré – essentiellement apporté par la Croatie –, Cluny a opté pour un choix restreint d’œuvres – 43 au total – au vu de l’espace concerné (les salles 2 et 3 du musée), et malgré une période couvrant le Moyen Âge croate dans sa totalité, du IXe siècle au XVe siècle. L’orfèvrerie étant le point fort des collections croates selon Seadeta Midzic, le cœur de l’exposition était dès lors fondé, puis consolidé par des manuscrits et des sculptures, mêlant civil et religieux, richesse des échanges en Occident chrétien, le tout orchestré par Nikola Jaksic, professeur émérite de l’université de Zadar, et Michel Huynh, conservateur en chef au Musée de Cluny. Les collections sollicitées, trésors de musées d’églises, de cathédrales et de couvents, furent multiples : Pula, Zadar, Nin, Trogir, Split, Dubrovnik ou encore Zagreb, Rab et Sibenik. Le propos de l’événement étant fixé, les trésors sélectionnés, restait la construction de l’exposition en elle-même et la mise en valeur des pièces remarquables.

Le savoir-faire des équipes de Cluny, conservateurs, metteurs en scène et monteurs, se retrouve pleinement dans la scénographie sobre et efficace choisie pour l’exposition, et le réemploi d’un mobilier de présentation précédemment utilisé – confidence de la directrice du Musée – ne nuit en rien à l’ensemble installé. Une présentation chronologique a été choisie, avec une mise en valeur de chefs-d’œuvre de l’orfèvrerie croate, et plus particulièrement des reliquaires en forme d’éléments du corps humain, ensemble revendiqué comme unique en Europe.

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Objet de vénération, les dépouilles des saints martyrs des premiers temps du christianisme ont été exhumées, déplacées et démembrées dès les premiers siècles du Moyen Âge. De ces milliers de reliques partagées en raison de la multiplication des autels et des églises, une partie d’entre elles fut offerte à la vénération des fidèles. Placées dans des reliquaires, initialement simples coffrets, ces reliques, par leur valeur spirituelle et sacrée, sont progressivement conservées dans des châsses richement décorées, de formes variées, dont les plus particulières représentent la partie du corps concerné par le sacré. Ces objets, dits « reliquaires anthropomorphes » apparaissent au Xe siècle, et se rencontrent largement dès les XI et XIIe siècles dans les trésors des établissements religieux, notamment pour les territoires croates. La collection la plus importante en Europe reste celle de la cathédrale de Dubrovnik, qui rassemble des membres entiers – bras et jambe, singularité croate selon Michel Huynh – mais également des formes spécifiques, comme des calottes crâniennes. Sa mise en valeur était donc incontournable dans la scénographie de Cluny. Ce sont ainsi plus d’une quinzaine de reliquaires que l’on retrouve dans l’exposition « Et ils s’émerveillèrent… » dont la réalisation artistique et l’étrangeté des formes marquent l’esprit du visiteur, spécialiste ou amateur. On retiendra le reliquaire en forme de calotte de saint Laurent, daté du XIVe siècle, mais également le bras reliquaire en argent repoussé des saints Pierre, Laurent et André, daté de la même époque, ou la très belle jambe reliquaire de saint Nérée, en bois et en argent, ajourée et dorée, datée du XIVe siècle ; trois pièces de Dubrovnik, trois trésors qui rayonnent dans le Musée de Cluny. Avec intelligence et pour la mémoire collective, toutes les pièces présentées ont été reproduites, précédées d’introductions historiques et artistiques, dans le très beau catalogue de l’exposition édité pour l’occasion (95 pages, 22 euros).

Six siècles de création artistique des territoires croates du Moyen Âge, une quarantaine d’objets précieux dans deux salles du Musée de Cluny, un témoignage fort d’un art européen exceptionnel et riche, un ensemble rarement rassemblé et aussi bien mis en valeur. Et il ne reste que quelques jours… .

 

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Entre Québec et Paris, de l’art et de la nature aux temps médiévaux

Posté par sourcesmedievales le 26 décembre 2012

Entre Québec et Paris, de l’art et de la nature aux temps médiévaux  dans Actualités moyenage_6-300x197Depuis le 4 octobre dernier et jusqu’au 6 janvier 2013 – il vous reste encore quelques jours pour la visiter si vous êtes à Québec –, le Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) propose dans sa programmation une exposition tournée vers la période médiévale, autour d’une thématique très générale, l’art et de la nature. Nos cousins québécois étant un peu éloignés, cette présentation de l’événement s’appuie sur la note d’intention, le communiqué de presse et des clichés transmis par le Musée qui permettent d’ouvrir quelques pistes tant sur le propos de l’exposition que sur son contenu. Un catalogue de l’exposition – qui ne nous a pas été envoyé – a été réalisé pour l’occasion, en collaboration avec les médiévistes Michel Pastoureau et Michel Zink.

L’intérêt « politique » de cette exposition simplement intitulée « Art et nature au Moyen Âge » réside dans la collaboration étroite – une première – entre le Musée national des beaux-arts du Québec – depuis 2002, anciennement Musée du Québec – et le Musée national du Moyen Âge de Cluny à Paris. Le musée québécois, orphelin de cette période – car spécialisé sur l’art du Québec du XVIIe siècle à nos jours – , souhaitait un éclairage sur ces temps méconnus depuis 2009. Pourquoi cette envie ? Le MNBAQ n’en est pas à son premier coup : l’année passée, le musée avait invité dans ses murs… les Ballets russes ! La Belle Province a donc fait naturellement appel aux collections de Cluny, dont des œuvres majeures ont traversé l’Océan pour l’occasion. Au-delà d’un prêt traditionnel entre musées, on retiendra que le Musée de Cluny a été cette fois-ci fortement sollicité, puisque 160 pièces (147 numéros dans le catalogue de l’exposition) ont été sorties des collections ou des réserves pour composer l’exposition québécoise dans son intégralité. L’ensemble a représenté trente caisses, réparties en trois lots de valeur sensiblement égale, embarquées sur trois avions différents, chacun décollant à un jour d’intervalle… on n’est jamais trop prudent ! En amont, il faut rendre hommage au travail de préparation de l’événement, sur deux années pour le personnel de Cluny, et ce en parallèle avec la programmation du Musée qui ne devait pas souffrir de cette opération.

L’établissement français a donc prêté des tapisseries, comme la Légende de saint Étienne (tapisserie à la licorne, réalisée vers 1500), la Broderie aux léopards (achevée entre 1330 et 1340), l’olifant d’ivoire provenant de l’abbaye Saint-Arnoul de Metz, mais également des émaux, comme le Reliquaire de Saint François d’Assise (après 1228), des céramiques, dont le bassin creux à bélières (fin du XIVe, début du XVe siècle), ainsi que des objets décoratifs, tels que les scènes galantes figurant sur un coffret réalisé en Flandres à la fin du XIVe siècle. Une première par le nombre de pièces remarquables sorties hors du territoire.

Quid de l’exposition ? À la lecture du titre, le visiteur imagine une propos relativement simple, mais qui se révèle in fine ambitieux : à travers plus de 600 ans de production artistique en Europe occidentale, l’événement veut démontrer comment artisans et artistes médiévaux ont développé une vision originale de la nature en expérimentant les matériaux et les formes. Pour cela, la sélection des pièces, entre le Xe siècle et le XVe siècle, a été conjointement faite par les deux musées, proposant une variété revendiquée avec des chapiteaux de pierre calcaire, des pièces d’ivoire et d’orfèvrerie, des émaux, des vitraux, des tapisseries, des textiles et des enluminures. Le choix était grand, Cluny disposant dans ses collections de très belles pièces. Les compétences « maison » pour aborder le sujet retenu ont été bien évidemment sollicitées. Pour rappel, Christine Descatoire, conservatrice au Musée de Cluny, avait fait une brillante conférence le 7 juin dernier à Cluny dans le cadre de « Un mois / une œuvre » sur le thème… Art et nature au Moyen Âge !

Pour l’exposition québécoise, plusieurs thèmes – peut-être trop puisque on en compte neuf, parfois très éloignés ! –  ont été retenus, nourris par les collections parisiennes de Cluny : les sources antiques, barbares et islamiques ; la stylisation végétale et animale dans l’art roman ; la flore et la faune dans l’iconographie chrétienne ; le monde fantastique du roman au gothique ; le décor stylisé dans les arts décoratifs et l’héraldique ; la nature observée dans le décor gothique ; la nature réelle dans le cadre de vie et la parure ; l’iconographie religieuse et la symbolique mariale ; la vie quotidienne et l’émergence du paysage. Pour répondre à ce panel très large de thématiques, la scénographie a eu fort à faire et les photos des premières « maquettes » dévoilées confidentiellement sur les réseaux sociaux sont longtemps restées énigmatiques sur le sujet.

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Une vidéo en ligne lors de l’ouverture de l’exposition n’a pas permis de se rendre compte du sérieux et de la sobriété scénographique de l’événement. Il a fallu donc se rabattre sur les photos des visiteurs mises en ligne sur les médias sociaux… et sur la page Facebook du MNBAQ.

Une exposition qui fera finalement date au Québec, comme en France – l’événement a été également médiatisée en France. Une coopération des plus intéressantes et positives entre deux musées cousins, et une notoriété de Cluny de fait renforcée sur les terres nord-américaines. On aime. Vraiment.

Photos : Fragment de gisant en marbre. Chiens, France, XIVe s. Mode d’acquisition inconnu © Musée national du Moyen Âge de Cluny, DR – premières maquettes de la scénographie © MNBAQ, DR.

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