La prise de Jérusalem par les lianes, an 492 de l’Hégire (1099)

Posté par sourcesmedievales le 5 avril 2008

islam.jpg« Jérusalem était comprise dans les États de Tad-eddaulé Totosh qui en avait fait cession à Socman, fils d’Ortok le Turcoman. Après la victoire remportée par les Francs devant Antioche et le massacre qu’ils y firent, la puissance des Turcs se trouva affaiblie et ils se dispersèrent. Les Égyptiens, voyant la faiblesse des Turcs, s’avancèrent en Syrie sous la conduite d’Afdhal, fils de Bedr-Aldjemuly, et assiégèrent la ville. Dans ses murs se trouvaient Socman et Ilgazy, tous deux fils d’Ortok. Les Égyptiens mirent en jeu plus de quarante machines et renversèrent plusieurs parties des murailles. Mais les habitants opposèrent une vive résistance et le siège dura plus de quarante jours. À la fin, au mois de shaban de l’année 489, la ville se rendit. Afdhal usa de générosité envers Socman et Ilgazy, ainsi qu’à l’égard des personnes qui s’étaient jointes à eux. Il leur fit de grands présents et les laissa aller en liberté. Ils se rendirent à Damas et traversèrent ensuite tout l’Euphrate. Socman s’établit dans la ville d’Edesse.
Quant à llgazy, il passa en Irak. Le vizir égyptien confia le gouvernement de Jérusalem à un émir connu sous le nom d’Iftikhar-eddaulé. Cet émir se trouvait dans la ville sainte quand les Francs arrivèrent devant ses murailles. Comme ils avaient essayé sans succès de prendre la ville d’Acre, ils se portèrent vers Jérusalem et l’assiégèrent pendant plus de quarante jours. Ils élevèrent deux tours contre la ville ; l’une était du côté de la montagne de Sion. Les Musulmans y mirent le feu et tuèrent tous les Chrétiens qui s’y trouvaient. Mais au moment où la tour finissait de brûler, un homme accourut pour leur annoncer que la ville venait d’être envahie du côté opposé. La ville sainte fut prise du côté nord, dans la matinée du 22 du mois de shaban. Aussitôt, la foule prit la fuite. Les Francs restèrent une semaine dans la ville, occupés à massacrer les Musulmans. Une troupe de Musulmans s’était retirée dans le Mirhab de David et s’y était fortifiée. Elle se défendit pendant trois jours. Les Francs ayant offert de les recevoir à capitulation, ils se rendirent et eurent la vie sauve. On leur permit de sortir pendant la nuit et ils se retirèrent à Ascalon. Les Francs massacrèrent plus de soixante-dix mille Musulmans dans la mosquée al-Aqsa. Parmi eux, on remarquait un grand nombre d’imams, d’oulémas et de personnes menant une vie pieuse et austère qui avaient quitté leur patrie pour venir prier dans ce noble lieu. Les Francs enlevèrent de la chapelle de la Sakhra plus de quarante lampes d’argent, chacune d’un poids de trois mille six cent dirhems. Ils y prirent aussi un tennour d’argent qui pesait quarante ratls de Syrie ainsi que cent cinquante lampes de moindre grandeur. Le butin fait par les Francs était immense. »

L’entrée des Francs dans la ville sainte par lbn-al-Athir. édition et traduction P. Buresi (UMR 8167 CNRS).

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La bataille de Zallâqa (1086)

Posté par sourcesmedievales le 5 avril 2008

islam.jpg« Nous demeurâmes quelques jours à Badajoz, attendant de savoir avec certitude si Alphonse VI venait à notre rencontre avec son armée, tout en pensant qu’il pourrait dérouter, si nous n’avions pas la moindre idée de son importance. Le destin le poussa à pénétrer en territoire musulman, et à s’éloigner de ses domaines. Nous l’attendions devant la ville, car si nous demeurions vainqueurs, tout irait bien, sinon, nous aurions derrière la ville un asile et une forteresse où nous réfugier.

Tout cela avait été parfaitement conçu par l’Émir des musulmans, préférant que la rencontre ait lieu dans cette région, sans la nécessité de pénétrer en terres chrétiennes ; d’autant que les Almoravides venaient d’arriver en Andalus et étaient incapables de distinguer leurs alliés de leurs adversaires […]. Par la médiation d’Ibn Al-Aftas, Alphonse ne tarda pas à envoyer à l’Émir des musulmans le message suivant : « Me voici venu à ta rencontre ; toi, par contre, tu demeures et tu te caches à proximité de la ville ». Il n’y avait pas d’autres alternatives que d’avancer un peu, pour que nos troupes fussent plus proches de lui. Les deux souverains convinrent du jour précis de la rencontre. Entre l’un et l’autre campement, il n’y avait que quelque trois milles […]. L’armée chrétienne avança par surprise, alors que les musulmans n’étaient pas prêts. Cette attaque surprise leur permit de s’imposer en un premier temps et de jeter leur venin dans notre camp où périrent quelques musulmans qui ne purent se défendre ; mais, dès que l’alarme fut donnée dans l’armée musulmane, les croyants montèrent à cheval pour affronter les chrétiens, alors que ceux-ci se sentaient fatigués par le poids de leurs armes et la bonne distance parcourue. Les musulmans les passèrent au fil de l’épée, et beaucoup de leurs soldats périrent ; leurs cadavres parsemèrent les chemins […]. Si la bataille s ‘était déroulée comme prévu, c’est-à-dire en combat régulier, les deux armées auraient perdu forcément la majeure partie de leurs effectifs ; mais Dieu se montra bon envers ses serviteurs et peu de musulmans périrent. L’Émir des musulmans retourna à Séville, sain, sauf et victorieux. »

Les mémoires de Abd Allâh, dernier roi ziride de Grenade (XIe siècle), éd. E. Lévi-Provençal, Le Caire, 1965, chap. VII, pp. 102-106 ; traduction V. Lagardère, Le vendredi de Zallâqa, Paris, 1989, p. 198-201.

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