la bataille de Bouvines d’après Roger de Wendover (1214)

Posté par sourcesmedievales le 5 avril 2008

occident.jpg« En ce même temps, l’armée du roi d’Angleterre, qui guerroyait en Flandre, se livrait à des dévastations avec tant de succès, qu’après avoir ravagé plusieurs provinces, elle pénétra sur le territoire du Ponthieu et le désola avec une fureur impitoyable. Ceux qui faisaient partie de cette expédition étaient de vaillants hommes, fort experts dans la guerre, tels que Guillaume, comte de Hollande, Renaud, jadis comte de Boulogne, Ferrand, comte de Flandre, Hugues de Boves, bon chevalier, mais cruel et superbe, qui sévissait contre ce pays avec tant de rage, qu’il n’épargnait ni la faiblesse des femmes, ni l’innocence des petits enfants. Le roi Jean avait établi pour maréchal de cette armée Guillaume, comte de Salisbury, pour combattre avec les chevaliers anglais et pour payer aux autres une solde prise sur le fisc. Ces guerriers avaient l’aide et la faveur d’Otton, empereur des Romains, avec les troupes que le duc de Louvain et de Brabant avait pu rassembler ; tous ensemble s’acharnaient sur les Français avec une égale fureur. Lorsque la nouvelle fut parvenue à Philippe, roi de France, il fut saisi de douleur ; car il craignait de n’avoir pas assez de troupes pour suffire à la défense de cette partie du territoire, ayant envoyé récemment en Poitou, avec une armée nombreuse, son fils Louis pour réprimer les incursions hostiles du roi d’Angleterre. Cependant quoiqu’il se répétât souvent à lui-même ce proverbe vulgaire : « Celui qui s’occupe à la fois de plusieurs choses a le jugement moins net pour chacune », il n’en réunit pas moins une grande armée, composée de comtes, de barons, de chevaliers et de sergents, à pied et à cheval, et des communes des cités. Accompagné de ces forces, il se prépara à marcher à l’encontre de ses adversaires. En même temps, il ordonna aux évêques, aux clercs, aux moines et aux religieuses de répandre les aumônes, d’adresser des prières à Dieu et de célébrer les divins mystères pour l’état du royaume. Ces dispositions étant prises, il partit avec son armée pour combattre ses ennemis.

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Le siège de Château-Gaillard par Philippe Auguste (1204)

Posté par sourcesmedievales le 5 avril 2008

occident.jpg« La roche de Château-Gaillard cependant n’avait point à redouter d’être prise par les assiégeants, tout à cause de ses remparts, que parce qu’elle est environnée de toutes parts de vallons, de rochers taillées à pic, de collines dont les pentes sont rapides et couvertes de pierres, en sorte que, quand même elle n’aurait aucune autre espèce de fortifications, sa position naturelle suffirait seule pour la défendre. Les gens du voisinage s’étaient donc réfugiés en ce lieu, avec tous leurs meubles, afin d’être plus en sûreté. Le roi, voyant bien que toutes les machines de guerre et les assauts ne pourraient lui permettre de renverser, à quelque prix que ce fût, et quelque peine qu’il dût lui coûter, à s’emparer de ce nid, dont toute la Normandie est si fière. Le roi donc commanda de creuser en terre un double fossé sur les pentes des collines et à travers les vallons, de façon à envelopper entièrement l’enceinte de son camp d’une barrière infranchissable, faisant, à l’aide de plus grands travaux, conduire ses fossés depuis le fleuve jusqu’au haut de la montagne, qui dresse sa cime vers les cieux, comme pour mépriser les remparts qu’elle domine, plaçant ainsi ses fossés à une grande distance des murailles pour qu’une flèche, lancée vigoureusement d’une arbalète, maniée à deux pieds, ne puisse y atteindre qu’à grand peine. Puis entre ces deux fossés, le roi fait élever une tour en bois et quatorze ouvrages du même genre, tous si bien construits et si beaux que chacun d’eux pouvait servir d’ornement à une ville, et disposés en outre de telle sorte, qu’autant il y a de pieds de distance entre la première et la seconde tour, autant on en trouve encore entre la seconde et la troisième. Toutes les autres tours sont faites de même et séparées d’intervalles égaux.
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