Le « village d’hôtes » de Torfou (1134)

Posté par sourcesmedievales le 5 avril 2008

concile.jpg« Au nom de la sainte et indivise Trinité, amen. Moi, Louis, par la grâce de Dieu roi des Français, je veux qu’il soit connu de tous, à venir et présents, que nous cédons aux hommes qui veulent devenir hôtes dans le bois dit Torfou un arpent de terre et le quart d’un autre arpent pourqu’ils y établissent en hostise, à la condition qu’ils nous versent chaque année un cens de six deniers, deux poules et deux setiers d’avoine. Nous leur concédons aussi la liberté de ne contribuer ni à l’herban, ni à la taille, de n’aller ni à l’ost, ni à la chevauchée, si ce n’est à la semonce générale de la Chrétienté, de ne point faire de corvée, de n’être justiciable de personne sur notre terre, pas même des autorités d’Étampes, que de celui en la main duquel nous les placerons. Pour que cela ne tombe pas dans l’oubli, nous l’avons confié à l’écrit, et pour que ce ne puisse être infirmé à l’avenir, nous l’avons ci-dessous validé par le sceau de notre autorité et le monogramme de notre nom. »

Éd. A. Luchaire, Louis VI le Gros : annales de son règne et de sa vie (1081-1137), Paris, 1890, p. 341-342 ; éd. Ch. Higounet, Paysages et villages neufs du Moyen Age, Bordeaux, 1975, p. 235.

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Les défrichements par l’abbé Suger (ca 1146)

Posté par sourcesmedievales le 5 avril 2008

concile.jpgVaucresson

« À Vaucresson, nous avons fondé un village et bâti une église et une domus, et nous avons fait défricher à la charrue la terre inculte. Ceux qui s’occuperont de cette fondation sauront mieux ce qu’on en tirera, puisqu’il y a déjà presque soixante hôtes et que beaucoup d’autres veulent encore venir, si seulement quelqu’un y pourvoit. Ce lieu, en effet, était comme une caverne de voleurs, car désert sur plus de deux lieues et d’aucun rapport pour notre abbaye, repère de brigands et de vagabonds en raison de la proximité des bois. Aussi avons-nous décidé que nos frères y serviraient Dieu afin que les retraites jadis habitées par les dragons voient grandir le roseau et le jonc. »

Saint-Denis

« […] La seigneurie de Saint-Denis appelée Guillerval, près de Saclas en Beauce, donnée par le roi Dagobert à Saint-Denis dans son diplôme, avait depuis longtemps et peut-être depuis toujours si peu d’assise que, dans toute la villa, il n’y avait ni domus où l’abbé pût se reposer, ni grange ni terre seigneuriale [dominicum]. Les paysans ne payaient par an que 25 petites mesures [modiolos]carrucae] sise dans ce village [villa] qui était depuis quarante ans et plus, enjeu d’une lutte acharnée entre Jean d’Étampes, fils de Payen, homme noble et énergique, et un certain autre, chevalier de Pithiviers. Nous leur payâmes une grosse somme, à l’un comme à l’autre […] et nous avons fait établir une charte nous réservant cette terre et imposant un terme à leur lutte. Dans cette nouvelle terre, à savoir au milieu du terroir [ailla], dans un agréable lieu proche de sources vives et de ruisseaux rapides, nous avons fait ceindre de murs une cour [curia] convenable et construire une maison forte et défendable dans la cour, avec des granges et tout le nécessaire, non sans de grandes dépenses.
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