L’hérésie en Champagne (ca 1000)

Posté par sourcesmedievales le 18 avril 2008

xie.jpg« Vers la fin de l’an mille vivait en Gaule, dans le village du Vertus au pays de Châlons, un homme du peuple nommé Leutard qui, comme le prouve la fin de son aventure, peut être pris pour un envoyé de Satan. Son audacieuse folie prit naissance de la façon suivante : il se trouvait un jour dans un champ, occupé à quelque travail de culture. Cédant à la fatigue, il s’endormit, et il lui semble qu’un vaste essaim d’abeilles pénétrait dans son corps par sa secrète issue naturelle ; puis elles lui ressortaient par la bouche en un énorme bourdonnement, lui faisaient mille piqûres ; et, après avoir été longtemps fort tourmenté par leurs aiguillons, il crut les entendre parler et lui ordonner de faire toutes sortes de choses impossibles aux hommes. Enfin, épuisé, il se lève, rentre chez lui et chasse sa femme, prétendant divorcer en vertu des préceptes évangéliques. Puis il sort comme pour se rendre à la prière, entre dans l’église, arrache le crucifix et brise l’image du Sauveur. À cette vue, tous furent frappés de terreur et crurent à bon droit qu’il avait perdu la raison ; mais il réussit à persuader ces faibles cervelles campagnardes qu’il n’avait agi que sur la foi d’une étonnante révélation divine. l se répandait en d’innombrables discours vides d’utilité comme de vérité, et, en tentant de se faire passer pour un docteur, faisant oublier le vrai maître de toutes doctrines. Payer les dîmes était, à l’entendre une coutume tout à fait superflue et vide de sens. Et alors que les autres hérésies pour tromper plus sûrement, se couvrant du manteau des Saintes Écritures dont pourtant elles sont la négation, celui-ci prétendait que dans les récits des prophètes, les uns sont bons à prendre et les autres ne méritent aucune créance.
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L’action réformatrice au concile de Reims (1049)

Posté par sourcesmedievales le 15 avril 2008

xie.jpg« XXVI. Le jour suivant, cinq des nones d’octobre [3 octobre], se rassemblent près de la susdite basilique des évêques au nombre de vingt avec près de cinquante abbés, et d’autres de l’ordre ecclésiastique, très nombreux. Aussitôt, une vieille querelle se renouvelle entre les clercs des archevêques de Reims et de Trèves. Les uns assurent que Reims était primat en Gaules et que par conséquent lui revenait l’ordonnance du synode. Mais les autres, au contraire, s’efforcent d’attribuer à l’archevêque de Trèves cette même dignité, et d’acquérir le premier siège, après le prélat de l’Église romaine, dans la célébration du concile. Le seigneur pape cependant ne juge pas le temps opportun pour qu’on puisse à leurs raisons imposer une fin convenable ; bien plus, il craint qu’une telle controverse ne fasse éclater le scandale d’un conflit. Les bas-sièges des évêques seront disposés en couronne, prescrit-il, et au milieu d’eux sera placée l’estrade de son propre siège ; les modalités de cette ordonnance, décide-t-il, seront exécutées au jugement de l’archevêque de Reims. Celui-ci convoque ses archidiacres et quelques-uns de ses principaux clercs : avec leur conseil, il fait disposer les bas-sièges des évêques, en couronne comme on a dit, au milieu le siège apostolique, bien spécifique. [...] Tous s’assoient, en l’ordre que l’archevêque de Reims a disposé. Le seigneur pape est en effet comme on l’a dit, au milieu du chœur, le visage face au sépulcre du bienheureux Remi. Il a donc sous les yeux, du côté oriental, Reims à droite et Trèves à gauche. Après Reims, selon l’ordre ci-dessous noté, sont assis [suivent les noms de 18 évêques]. Derrière eux, toujours en forme de couronne, sont assis les abbés [suivent 17 noms] ; ensuite les autres qui, nous l’avons relaté ci-dessus, font ensemble un nombre de près de cinquante. Quand ils sont assis de la sorte, on impose le silence et sur l’ordre du seigneur pape se lève Pierre, diacre de la sainte Église romaine, pour annoncer, en un rapide discours, ce dont il sera question dans ce synode. Il s’agit de nombreux actes illicites qui, dans les Gaules, se pratiquaient à l’encontre des dispositions canoniques [sur l’ordre du jour, que démarquent les décrets finaux]. Après quoi, s’adressant aux évêques, il les avertit, sous menace d’anathème de l’autorité apostolique : si l’un d’eux était parvenu aux saints ordres par hérésie simoniaque ou avait promu quelqu’un à cette dignité comme paiement, qu’il en fasse confession publique.
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