Une convenientia en Albigeois

Posté par sourcesmedievales le 18 avril 2008

xie.jpg« D’ores en avant, Uc, fils d’Ermengarde, ne trahira pas Aton, fils de Gauciane, pour ce qui regarde le château qu’on appelle Roquefort qui se trouve sur la rivière du Sor, ni pour ce qui regarde les tours et les « forces » [fortezas] qui s’y trouvent faites aujourd’hui ou qui y seront faites à l’avenir. Et Uc lui-même, ni homme ni femme à son instigation ou par son consentement, n’enlèvera ou interdira ce château à Aton ni pour forfait, ni sans forfait. Et s’il est homme ou femme qui enlève ou refuse ce château de Roquefort à Aton fils de Gauciane, Uc, fils d’Ermengarde, ne s’associera ni paix ne fera avec cet homme ou cette femme au dommage d’Aton et, jusqu’à ce qu’Aton ait récupéré ce château de Roquefort, Uc apportera aide à Aton, sans aucun défaut, et si Uc lui-même pouvait recouvrer ce château, il le mettra en possession [in potestate] d’Aton sans tromperie et sans bénéfice matériel [sine lucro]. Comme il est écrit plus haut sur ce parchemin, ainsi le tiendra et ainsi l’observera, Uc fils d’Ermengarde à l’égard d’Aton, fils de Gauciane, en ce qui concerne le château de Roquefort, sauf pour ce dont Aton lui-même voudrait bien dispenser Uc de bon gré et non par force, s’il ne croit pas prouvé qu’il lui a enlevé son château, étant convaincu par défaite en bataille ou pour s’être retiré sans oser combattre. »

Éd. et trad. J.-L. Biget, « Hommes et pouvoirs dans l’Albigeois féodal (XIe siècle) », Bulletin de la Société des Sciences, Arts et Belles Lettres du Tarn, XLVII (1993), p. 202.

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Les devoirs d’un bon vassal (1022)

Posté par sourcesmedievales le 18 avril 2008

xie.jpg« À son seigneur le Roi Robert, le comte Eudes. Seigneur, j’ai quelques mots à te dire, si tu daignes les écouter. Le comte Richard, ton vassal, m’a prié de venir m’expliquer en justice ou conclure un accord au sujet des revendications que tu élevais contre moi. J’ai remis ma cause entièrement en sa main. Avec ton agrément, il m’a alors fixé un plaid pour le règlement de l’affaire. Mais, peu avant le terme, comme j’étais prêt à me rendre à sa convocation, il m’a mandé de ne pas me donner la peine de venir au plaid fixé, parce que tu n’étais disposé à accepter qu’un jugement ou un accord qui m’interdirait, pour cause d’indignité, de tenir de toi aucun fief, et qu’il ne lui appartenait pas, disait-il, de me faire comparaître pour un tel jugement sans l’assemblée de ses pairs. Telle est la raison pour laquelle je ne suis pas allé te retrouver au plaid. Mais je m’étonne que, de ton côté, avec une pareille précipitation, sans que la cause ait été discutée, tu me juges indigne de ton fief. Car, si l’on considère la naissance, il est clair, grâce à Dieu, que je suis digne d’en hériter ; si l’on considère la nature du fief que tu m’as donné, il est certain qu’il fait partie non de ton fisc, mais des biens qui, avec ta faveur, me viennent de mes ancêtres par droit héréditaire ; si l’on considère la valeur du service, tu sais comment, tant que j’eus ta faveur, je t’ai servi à la cour, à l’ost et à l’étranger. Et si depuis que tu as détourné de moi ta faveur et que tu as tenté de m’enlever le fief que tu m’avais donné, j’ai commis à ton égard, en me défendant et en défendant mon fief, des actes de nature à te déplaire, je l’ai fait harcelé d’injures et sous l’emprise de la nécessité. Comment, en effet, pourrai-je renoncer à défendre mon honneur ?

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