Charlemagne à Jérusalem : le mythe (ca 800) 3/6

Posté par sourcesmedievales le 12 avril 2008

ve.jpgSelon le Promptuarium de Jean Herolt (début XVe siècle)

« 28 janvier. À Aix-la-Chapelle, [mort du] très saint empereur Charles. Pour la grandeur de ses œuvres, il a été surnommé le Grand. Cet heureux prince, avec l’aide du Seigneur, a occis en Espagne trente mille des païens qui avaient franchi les monts Pyrénées. Il imposa la foi aux Saxons, qu’il combattit fermement trente-trois ans et qui, en reniant les accords de paix, étaient retournés à la vomissure du paganisme. Il anéantit totalement les Huns, qui avaient grandement dépouillé l’Église, et de leurs riches dépouilles dota toute son armée qui avant et jusqu’alors avait été dans le besoin. Tous les rois d’Espagne l’appelaient « seigneur » dans leurs lettres. De même, le sultan des Sarrasins, qui possédait tout l’Orient, portait tant de dilection à ce prince que, par amour et révérence de lui, il abandonna volontiers le Sépulcre du Seigneur aux Chrétiens ; lesquels il gouverna avec amour, où qu’ils fussent sous sa domination. Cet heureux et très pieux athlète passa en Terre Sainte avec son armée pour soutenir les fidèles, auxquels il assura la paix, par les traités et par les armes. Comme il s’y trouvait, l’ange du Seigneur lui apporta le saint prépuce du Seigneur ; le recevant comme un très haut présent, il le déposa avec joie à Aix. L’empereur des Grecs lui donna un rameau de la Sainte couronne du Seigneur, qui se mit à fleurir en présence des deux empereurs et des autres participants […]. Il concéda aux princes allemands le droit d’élire l’empereur romain. »

Éd. et commentaire par R. Folz, Étude sur le culte liturgique, Paris, 1990, p. 132-133.

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Charlemagne à Jérusalem : le mythe (ca 800) 4/6

Posté par sourcesmedievales le 12 avril 2008

ve.jpgSelon Hélinand de Froidmont (fin XIIe s.)

« Le patriarche de Jérusalem, en signe de bénédiction, envoya à Charles les clefs du Sépulcre du Seigneur et du Calvaire et les clefs de la ville et du mont avec un étendard. On lit qu’à l’époque où Charles reçut l’Empire romain, le patriarche de Jérusalem, expulsé de la ville par les païens, alla trouver à Constantinople l’empereur Constantin et son fils Léon, accompagné de Jean, prêtre de Nablus, et de David, archiprêtre de Jérusalem ; Constantin les envoya à Charles, avec une lettre écrite de la main du patriarche Jean, et une lettre écrite de sa propre main ; avec eux furent aussi envoyés deux juifs, Issac et Samuel […]. Les envoyés trouvèrent le roi à Paris et lui remirent les lettres. Les ayant lues, le roi se mit à pleurer sur le Sépulcre du Seigneur. Le roi ordonna à l’archevêque Turpin d’exposer le contenu des lettres à tout le peuple.[L’ost part en Terre Sainte].

[…] Une fois les païens mis en fuite et la Terre regagnée, le roi demanda à l’empereur de Constantinople et au patriarche de Jérusalem la permission de s’en retourner. »

[Charlemagne reçoit à sa demande, entre autres dons, des reliques de la Passion, qui suscitent de nombreux miracles sur le chemin du retour].

Éd. Patrologie Latine, 212, col. 843-846.

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