Villes omeyyades

Posté par sourcesmedievales le 4 avril 2008

islam.jpgJérusalem

« Quant à la mosquée éloignée [Al-Masjid Al-Aqsâ], elle est à l’angle oriental de la ville, dans la direction de la qibla. Ses fondements sont l’œuvre de David. Les blocs sont longs de dix coudées ou plus, sculptés, ajustés, appareillés et solides. C’est sur eux que Abd Al-Malik fit bâtir [la mosquée], avec des pierres de petite dimension, belles, [surmontées] de créneaux. L’édifice surpassait en beauté la mosquée de Damas […]. Au centre [de l’esplanade du temple de Salomon] se trouve la coupole du Rocher [Qubbat Al-Sakhra]. Elle prend appui sur un bâtiment octogonal et à quatre portes […]. L’intérieur de l’édifice abrite trois nefs concentriques reposant sur des colonnes faites d’une pâte extraordinaire, plus belle et plus somptueuse que le marbre […]. Au coeur de l’édifice est une autre nef entourant le rocher […]. La coupole, bien que gigantesque, est couverte de cuivre doré. Le sol et les murs de l’édifice, ainsi que le tambour […] sont traités de la façon que nous avons décrite à propos de la grande mosquée de Damas [marbre et mosaïque]. Le service [d’entretien] est fait par des esclaves qui y ont été affectés par Abd Al-Malik.

Ramla

« Al-Ramla est la capitale de la Palestine, belle ville, admirablement bâtie […]. La grande mosquée de la capitale est sur le marché […]. Elle a un minaret superbe, le plus grand mihrab qui se puisse voir en Islam et aussi, celui de Jérusalem mis à part, le plus beau minbar. Elle fut bâtie par Hishâm Ibn Abd Al-Malik : mon oncle paternel m’a raconté que, au moment où l’on entreprenait la construction de la mosquée, on apprit à Hishâm qu’il y avait, chez les Chrétiens, des colonnes de marbre enfouies sous le sable […]. Les Chrétiens mirent à jour les colonnes, qui sont énormes, longues et belles. »

D’après Al-Muqaddasi, La meilleure répartition pour la connaissance des provinces, traduction A. Miquel, Damas, 1963, p. 189 et suivantes.

 

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La description de Palerme par Ibn Hawqal (972-973)

Posté par sourcesmedievales le 4 avril 2008

islam.jpg« Elle est située au bord de la mer et se compose de cinq quartiers, voisins les uns des autres sans être séparés par une grande distance, bien que leurs limites soient bien tranchées. n y a donc la métropole appelée Palerme, entourée d’un immense rempart de pierre, très haut et formidable. La ville est habitée par des commerçants ; on y trouve une mosquée très vaste, ancienne église chrétienne avant la conquête […]. En face, est située une autre ville appelée Khalisa, la Pure ; elle a un mur de pierre qui n’est pas comparable à celui de Palerme. Le souverain et sa suite y résident, mais il ne s’y trouve ni marché ni hôtelleries. Il y a une petite mosquée, une garnison militaire du souverain, un arsenal, ainsi que les bureaux administratifs… Le quartier des esclavons est plus peuplé et plus considérable que les deux cités que je viens de mentionner. On y trouve le port de mer […]. Un quartier porte le nom de la mosquée d’Ibn Saqlab ; il est aussi très grand ; il n’y a pas de sources et les habitants boivent l’eau des puits. À son extrémité court la rivière appelée Wadi Abbds, large et rapide, sur laquelle tournent de nombreux moulins, les rives sont bordées de vergers et de jardins […]. Le Quartier Neuf est étendu, il touche à celui de la mosquée dont il n’est séparé par aucune démarcation. Aucun de ces quartiers n’est entouré d’un mur, et il en est de même pour le quartier des esclavons.
La plupart des marchés sont situés entre la mosquée d’Ibn Saqldb et le Quartier Neuf. Ce sont les vendeurs d’huile, les marchands de farine, les changeurs, les apothicaires, les forgerons, les marchands de froment, les brodeurs, les poissonniers, les marchands de grain, une corporation de bouchers, les vendeurs de légumes, les fruitiers, les boulangers, les cordiers, une corporation de droguistes, les cordonniers, les tanneurs, les menuisiers, les potiers. Les marchands de bois sont établis hors de la ville […].
Dans Palerme même se trouvent une corporation de bouchers, des marchands de jarres, des cordonniers. Les bouchers possèdent un peu moins de deux cents étals pour la vente de la viande, mais ils sont peu nombreux à l’intérieur de la cité, à l’entrée de la Grand Rue, près d’eux se tiennent les marchands de coton, les cardeurs, les savetiers. Il y a encore plus d’un marché important. Une idée de l’opulence et de la densité de la population est fournie par la masse impressionnante de la mosquée. J’ai en effet estimé, un jour qu’elle était pleine de monde, qu’elle pouvait contenir plus de sept mille personnes. »

D’après Ibn llawqal, Configuration de la terre, éd. J.H. Kramers, G. Viet, Paris, 1964. Traduction H. Taviani-Carozzi, La Terreur du monde. Robert Guiscard et la conquête normande en Italie, Paris, 1996, p. 29, 32-33.

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