La ville d’Alexandrie d’Egypte, par Ibn Djubayr

Posté par sourcesmedievales le 2 mai 2008

Al-Harîrî - (Maqâmât) Al-Wasîtî. Irak, 1237.« Quelques informations sur Alexandrie et ses habitants.

Tout d’abord, l’heureux site de la ville et l’étendue de sa surface construite. Nous n’avons point visité de ville dont les voies d’accès soient plus vastes ni les édifices plus hauts; qui soit plus belle et en même temps plus vivante que celle-ci; les souks, eux aussi, sont extrêmement animés. C’est une merveille de sa situation que ses constructions souterraines soient aussi considérables que celles qui sont à la surface, qu’elles soient plus belles et plus solides; car l’eau du Nil traverse, sous terre, toutes les maisons et les rues; les puits sont tout proches les uns des autres et ils communiquent entre eux.

Nous y vîmes aussi des colonnes et des revêtements de marbre, dont le nombre, la hauteur, la largeur et la beauté dépassent tout ce que l’imagination peut inventer; sur certaines de ses voies, vous vous trouvez devant des colonnes Si hautes qu’elles bouchent le ciel, dont on ne sait ce qu’elles signifient, ni quelle a été l’origine de leur création. Elles supportaient dans l’ancien temps, nous a-t-on dit, les édifices particuliers des philosophes et des maîtres de cette époque-là. Dieu est plus savant ! Il y a apparence que cela servait à observer (les astres).

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La prise de Jérusalem par les croisés (1099)

Posté par sourcesmedievales le 5 avril 2008

Al-Harîrî - (Maqâmât) Al-Wasîtî. Irak, 1237.« C’est exultant d’allégresse que nous parvînmes jusqu’à la cité de Jérusalem un mardi, huit jours avant la fin des ides de juin, et nous l’assiégeâmes admirablement. Robert, duc de Normandie, l’assiégea du côté nord près de l’église du premier martyr Saint Etienne, à l’endroit où il fut lapidé pour le Christ. À sa suite était Robert, comte de Flandre. À l’ouest, il y avait le duc Godefroi et Tancrède. Le comte de Saint-Gilles l’assiégea au midi, sur la montagne de Sion, aux environs de l’église de Sainte-Marie, mère du Seigneur, où le Seigneur célébra la Cène avec ses disciples [...].
Pendant ce temps, nous endurâmes le tourment de la soif à un point que nous dûmes coudre des peaux de bœufs et de buffles dans lesquelles nous transportions de l’eau pendant l’espace de six milles, et l’eau qu’on sortait de ces récipients était une eau fétide ; mais autant que cette eau puante le pain d’orge était pour nous objet quotidien de gêne et de dégoût violent.
Les Sarrasins étaient cachés près de toutes les fontaines et de sources, tendaient des pièges aux nôtres ; ils les tuaient et les mettaient en pièces partout où ils les trouvaient ; ils emmenaient les bestiaux dans les cavernes
[...].
C’est alors que nos seigneurs examinèrent comment ils pourraient s’emparer par surprise de la ville, afin de pouvoir y pénétrer pour adorer le sépulcre de notre Sauveur. Ils firent donc deux châteaux de bois et plusieurs autres engins. Le duc Godefroi fit son château qu’il garnit de machines et le comte Raimond fit de même. Pour cela on apporta du bois de terres lointaines. Mais les Sarrasins, voyant les nôtres faire ces machines, fortifiaient admirablement la cité et renforçaient les tours pendant la nuit.
Quand nos seigneurs eurent reconnu le côté le plus faible de la cité, ils transportèrent une nuit, le samedi [9 juillet], la machine et le château de bois du côté est. Au point du jour, ils les dressèrent et les mirent en place, puis ils garnirent le château durant la première, la seconde et la troisième férie. Quant au comte de Saint-Gilles, il faisait réparer sa machine dans le secteur méridional. A ce moment nous souffrions tellement de la soif qu’un homme ne pouvait au prix d’un denier avoir suffisamment d’eau pour étancher sa soif.
Nuit et jour, pendant la quatrième et la cinquième férie, nous attaquons avec une vigueur admirable la cité de tous les côtés ; mais avant de nous lancer à l’assaut, les évêques et les prêtres ordonnèrent par des prédications et des avertissements adressés à tous qu’on célébrât en l’honneur de Dieu une procession autour de l’enceinte de Jérusalem et qu’on fît pieusement des oraisons, des aumônes et des jeûnes.
La sixième férie, de grand matin, nous donnons un assaut général à la ville, mais sans pouvoir lui nuire, et nous étions tous stupéfaits et dans une extrême inquiétude. Puis, à l’approche de l’heure où Notre Seigneur Jésus-Christ a daigné souffrir pour nous le supplice de la croix, et tandis que nos chevaliers, et notamment le duc Godefroi et le comte Eustache son frère, se battaient courageusement dans le château, l’un de nos chevaliers nommé Liétaud escalada le mur de la ville. Sitôt qu’il fut monté, tous les défenseurs de la ville s’enfuirent des murs de la cité cependant que les nôtres qui les suivaient de près les pourchassaient en les tuant et en les massacrant jusqu’au temple de Salomon où il y eut une telle tuerie que les nôtres mettaient le pied dans le sang jusqu’aux chevilles [...].
Après avoir enfoncé les païens, les nôtres appréhendèrent dans le temple un grand nombre d’hommes et de femmes, tuant ou épargnant qui bon leur semblait. Au-dessus du temple de Salomon s’étaient rassemblés un grand nombre de païens à qui Tancrède avait donné des bannières. Les croisés coururent bientôt à travers toute la ville, prenant l’or et l’argent, les chevaux et les mulets et pillant les maisons qui étaient pleines de richesses de toutes sortes.
Puis, tout heureux et pleurant de joie, les nôtres allèrent adorer la Sépulcre du Seigneur Jésus et acquittèrent leurs dettes envers lui. Puis, le matin suivant, ils grimpèrent avec précaution sur le toit du temple et attaquèrent les Sarrasins, puis, tirant l’épée ils les décapitèrent. À cette vue, Tancrède manifesta une vive irritation.
Le huitième jour après la prise de la ville, on élut le duc Godefroi prince de la cité [...]. Cette cité fut prise par les Chrétiens de Dieu le quinzième jour de juillet, sixième férie. »

 

Histoire anonyme de la première croisade, éd. et trad. L. Brehier, Paris, 1924, p. 195 et suivantes.

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