La rupture entre Rome et Constantinople (1054)

Posté par sourcesmedievales le 14 mai 2008

byzance.jpg« Humbert, par la Grâce de Dieu cardinal évêque de la Sainte Église romaine ; Pierre, archevêque d’Amalfi ; Frédéric, diacre et chancelier, à tous les fils de l’Église catholique.

Le Saint Siège apostolique romain, premier de tous les sièges, auquel, en sa qualité de chef, il appartient plus particulièrement de veiller sur toutes les églises, a daigné nous envoyer en mandataires dans cette ville impériale… ; nous devions venir voir, comme il était écrit, si les faits confirmaient la rumeur qui ne cessait de parvenir du Saint Siège ; ou bien, s’il n’en était rien, le constater. Aussi, sachent tout d’abord les très glorieux Empereurs, le clergé, le Sénat et le peuple de Constantinople, et toute l’église catholique, que nous éprouvons une vive joie dans le Seigneur pour y avoir trouvé le bien dans toute sa grandeur, mais que nous déplorons avec une extrême douleur d’y avoir trouvé le plus grand des maux. En effet, pour les colonnes de l’Empire et pour les citoyens sages et honorables, c’est une ville très chrétienne et orthodoxe. Mais, pour ce qui est de Michel, à qui l’on donne par abus le titre de patriarche, et des partisans de ses erreurs, ils répandent tous les jours dans la ville abondance de germes d’hérésie. En effet, comme les simoniaques, ils vendent le don de Dieu […] ; comme les nicolaïtes, ils autorisent et soutiennent le mariage des ministres du saint-autel […] ; comme les Pneumatomaques ou les Theumaques, ils ont supprimé du Symbole la procession du Saint Esprit du Fils ; comme les manichéens, ils déclarent, entre autres, que le pain fermenté est animé… ; et, se laissant pousser cheveux et barbe, ils refusent la communion à qui se coupe les cheveux et, selon les prescriptions de l’Église romaine, se rase la barbe.

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Le « schisme » de 1054 vu par Psellos

Posté par sourcesmedievales le 14 mai 2008

byzance.jpgLe « schisme » de 1054 vu par Psellos : éloge funèbre de Michel Cérulaire

« C’est une lutte que mène contre la Nouvelle Rome l’ancienne, non sur des détails qui ne mériteraient pas qu’on y regardât, mais sur le point essentiel de la foi orthodoxe, sur la théologie de la Sainte Trinité. Les Latins croient professer l’orthodoxie et ne différer de nous sur rien d’important, alors que leur croyance est en tous points impie : je ne sais si l’on pourrait trouver deux choses plus dissemblables que leur opinion et la nôtre. Il faut en effet faire procéder du Père et le Fils et l’Esprit chacun selon son propre caractère, faire remonter au Père par le raisonnement ce qui émane de lui, et, par suite, enseigner clairement et proclamer que les personnes sont de même valeur. Les Latins au contraire, bien qu’ils posent à juste titre le seul Père avant les deux autres personnes, plaçant après le Fils et l’Esprit, font dépendre d’une certaine manière l’Esprit du Fils. Cette croyance impie, Arius l’inventa en se cachant, et il revint à Eunomios de l’organiser avec exactitude (si l’on doit parler d’exactitude pour une si prodigieuse impiété), ayant fait de la raison une construction artificieuse de dogmes impies.

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