Le concile de Nicée : exposition de la foi des 318 Pères (325)

Posté par sourcesmedievales le 2 mai 2008

byzance.jpg« Nous croyons en un seul Dieu, Père Tout-Puissant, créateur de tous les êtres visibles et invisibles ; et en un seul Seigneur Jésus-Christ, le Fils de Dieu, engendré du Père, unique engendré, c’est-à-dire de la substance du Père, Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré non pas créé, consubstantiel au Père, par qui tout a été fait, ce qui est dans le ciel et ce qui est sur la terre, qui à cause de nous les hommes et à cause de notre salut est descendu et s’est incarné, s’est fait homme, a souffert et est ressuscité le troisième jour, est monté aux cieux, viendra juger les vivants et les morts ; et en l’Esprit Saint.

Ceux qui disent : « Il était un temps ou il n’était pas » et « Avant d’avoir été engendré, il n’était pas » et qu’il est devenu à partir de ce qu’il n’était pas, ou d’une autre hypostase ou substance, ou qui affirment que le Fils de Dieu est susceptible de changement ou d’altération, ceux-là l’Eglise catholique et apostolique les anathématise. »

Les conciles œcuméniques. Les décrets, tome II – 1, Paris, 1994, p. 35.

Publié dans Byzance | Pas de Commentaire »

Le pillage de Constantinople par les croisés (1204)

Posté par sourcesmedievales le 5 avril 2008

byzance.jpgD’après Robert de Clari

« Le lendemain matin, prêtres et clercs en habit, Anglais, Danois et gens d’autres nations virent au camp des Français en procession, leur annonçant que tous les Grecs s’étaient enfuis et qu’il ne restait dans la cité que les pauvres gens. Quand les Français l’entendirent, ils furent tout joyeux ; on fit alors crier dans le camp que nul ne devrait prendre de maison avant qu’on ne les eût tirées au sort. Les hommes puissants, les hommes riches s’assemblèrent donc et décidèrent entre eux qu’ils prendraient les meilleures maisons de la ville, mais no les petites gens, ni les pauvres chevaliers n’en surent mot [...].

Quand les pauvres gens s’en aperçurent, ils allèrent à qui mieux mieux pour prendre ce qu’ils pouvaient attraper ; et là ils en trouvèrent et en prirent beaucoup, et ils en laissèrent même, car la ville était très grande et très peuplée [...].

Après on commanda que tout le butin fût porté à une abbaye de la ville ; et l’on prit dix chevaliers de haut rang parmi les pèlerins et dix Vénitiens en qui on avait confiance pour le garder. Il y avait tant de vaisselle d’or et d’argent, de draps d’or, de riches joyaux, qui c’était une rare merveille. Depuis que le monde existe, on ne vit ni on ne conquit si grand avoir, ni si noble, ni si riche, ni au temps d’Alexandre, ni à celui de Charlemagne, ni avant ni après. Je ne crois pas qu’il y eut dans les quarante plus riches cités du monde autant d’avoir qu’on en trouva à Constantinople. Et les Grecs prétendaient que les deux tiers de l’avoir du monde entier étaient à Constantinople et que le troisième tiers dispersé dans le reste du monde [...].

Mais ceux-là même qui devaient garder le butin le prenaient, joyaux d’or et tout ce qu’ils voulaient ; et tous les riches hommes prenaient joyaux d’or ou draps de soie d’or et emportaient ce qu’ils préféraient. Ils se mirent ainsi à voler le butin, et on ne donna rien aux petites gens de l’armée, ni aux pauvres chevaliers, ni aux serviteurs qui avaient aidé à le gagner, sauf l’argent non précieux, comme par exemple des bassins d’argent que les dames de la cité emportaient aux bains. Les Vénitiens eurent la moitié du butin [...].

D’après Villehardouin

« On cria alors dans toute l’armée, sur l’ordre du marquis Boniface de Montferrat qui en était le chef, de celui des barons et du duc de Venise, que tout le butin fût apporté et rassemblé comme il avait été dit et juré sous peine d’excommunication. Trois églises furent désignées pour cela et l’on y mit pour garde des Français et des Vénitiens pris parmi les plus loyaux que l’on pût trouver. Alors chacun commença à apporter le butin et à le rassembler. Les uns l’apportèrent de bon gré, les autres de mauvais gré ; la convoitise, qui est la source de tous les maux, ne manqua pas. Ainsi, les convoiteux commencèrent à retenir du butin et notre chef commença à les aimer moins [...]. Souvent les bons subissent des dommages pour les mauvais. Argent et biens furent rassemblés, et sachez que tout ne fut pas apporté ; il y en eut beaucoup qui en retinrent malgré l’excommunication du pape. Ce qui fut apporté dans les églises fut, par moitié, partagé entre les Français et les Vénitiens, comme il avait été juré par serment. Sachez que les pèlerins, quand ils eurent partagé, payèrent sur leur part cinquante mille marcs d’argent aux Vénitiens et en répartirent bien cent mille entre eux parmi leurs gens. Sachez comment : deux sergents à pied pour un à cheval, et deux sergents à cheval pour un chevalier. Sachez qu’aucun homme n’en eût davantage pour son rang ou pour ses exploits, sinon selon ce qui avait été décidé et établi, à moins que ce ne fût volé. Pour le vol, celui qui en fut convaincu, sachez qu’il en fut faut grand justice, et il y en eut assez de pendus [...]. »

Publié dans Byzance | Pas de Commentaire »

1...7891011
 

lesjournalistes |
Carnet de voyage |
Espace d'un enseignant-appr... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | luna la lunatique dans la lune
| maman89
| *~~ Lili ~~*