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Toussaint : de la fête des morts à la fête de tous les saints…

Posté par sourcesmedievales le 1 novembre 2010

actu.jpgGénéralement, on mélange le jour de la Toussaint et la fête des morts,  qui est le 2 novembre. Quelques explications autour de la fête de la Toussaint, installée au Moyen-Âge…

La première fête des morts et martyrs aurait été célébrée en Orient au IVe siècle. La date était le dimanche qui suit la Pentecôte à Édesse, et la date du 13 mai à Antioche. Cette dernière date se maintient jusqu’au VIIe siècle. En 609, la Toussaint, désignée comme la fête de tous les saints – comme l’indique son nom -, est constituée en l’honneur de la Vierge et des saints martyrs, par le pontificat du pape Boniface IV (608-615). Cette année-là, le Panthéon de Rome, sur le Champ de Mars, jusqu’alors temple païen dédié à tous les dieux, (pantheion signifie « tous les dieux » en grec) est concédé à l’Église par l’empereur  byzantin Phocas (602-610) et consacré le 13 mai par Boniface IV à la Vierge et à tous les martyrs, sous le nom de Sancta Maria ad martyres. Il y fait d’ailleurs transporter de nombreuses dépouilles de martyrs conservées dans les catacombes romaines.

Au VIIIe siècle, lors de l’évangélisation de la Gaule par les moines irlandais, ces derniers se trouvent confrontés à une fête celtique païenne dite de Samhain (en irlandais veut dire « fin de l’été »). Dans le monde celte, la nuit du 31 octobre au 1er novembre était le début de la nouvelle année, fête de la divinité Samhain, début de l’hiver, et de la « saison sombre », mais également moment de communication et de passage entre les vivants et les morts, les esprits des trépassés pouvant revenir cette nuit-là dans leurs demeures terrestres et les vivants devant les accueillir. Ce passage avec le monde des morts pouvait aussi provoquer l’intrusion d’esprits maléfiques….

Pour résister à cette fête païenne, l’Église instaure à cette date une fête chrétienne. Sous le pontificat de Grégoire III (731-741), un autel à l’extrémité de la nef principale de la basilique Saint-Pierre de Rome était déjà dédié en l’honneur du Sauveur, de sa mère, des saints apôtres et de tous les saints martyrs et confesseurs. Les choses se précisent en 798. Lors du concile de Riesbach, l’archevêque Arno de Salzbourg dresse une liste des fêtes chômée, dont le 1er novembre, dite fête de tous les saints, placée à cette date en accord avec les sacramentaires de Saint-Martin de Tours et son abbé, un certain Alcuin qui tient cette fonction de 796 à 804. L’empereur Charlemagne  (800-814) aurait été alors sollicité pour instituer cette fête de tous les saints le 1er novembre, afin de gommer la fête païenne des morts.

C’est au tout début du IXe siècle qu’elle est officiellement transférée le 1er novembre et s’impose dans le calendrier de l’Église et dans l’Empire. Dans son martyrologe, Adon précise que la célébration de cette fête en Gaule est prescrite vers 835 par l’empereur Louis le Pieux (814-840), fils de Charlemagne, à la demande du pape Grégoire IV (827-844) qui aurait procédé le 1er novembre à une nouvelle dédicace de Sancta Maria ad martyres.

La fête de la Toussaint est attestée à Rome au Xe siècle, alors que le 13 avril – initialement fête de tous les saints – est supprimé par le pape Grégoire VII (1073-1085) selon Sicard de Crémone. Au XIIIe siècle, dans sa Légende dorée, le dominicain Jacques de Voragine (1228-1298) attribue quatre objets à cette fête : commémorer la consécration d’un certain temple, suppléer à des omissions, expier les péchés et faciliter l’accomplissement des voeux. L’octave – durée de commémoration d’un fête – de la Toussaint a été officiellement instituée par le pape Sixte IV (1471-1484). La Toussaint devient une « fête d’obligation » avec Pie X (1903-1914), célébration durant laquelle tout chrétien doit marquer ce moment par des observances particulières, comme assister à une messe.

Orientations bibliographiques :
L. Pietri, « Les origines de la Toussaint », Les quatre fleuves, Paris, 1988.
J.-L. Lemaître, « Toussaint », dans A. Vauchez (dir.), Dictionnaire encyclopédique du Moyen Âge, Cerf, 1997, tome 2, p. 1525-1526.

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