Les petites écoles (1336)

Posté par sourcesmedievales le 7 décembre 2008

xive.jpgSerments et statuts des maîtres des petites écoles de grammaire de Paris

« Chacun des maîtres ou des maîtresses est tenu par serment d’observer les dispositions suivantes :
1. II exercera loyalement l’office qui lui est confié d’enseigner les enfants, les instruisant soigneusement dans les lettres, les bonnes moeurs et par de bons exemples.
2. Ils montreront honneur et révérence au seigneur chantre et dans toute la mesure du possible ils observeront fidèlement les droits de la chantrerie, quelque soit l’état auquel ils seront parvenus.
3. En tout ce qui regarde le gouvernement des écoles, ils prêteront obéissance au même chantre.
4. Aucun des maîtres ne prendra en charge les enfants alloués à un collègue sans l’autorisation du chantre, mais qu’il se contente de ce qu’il a.
5. Nul ne cherchera à soustraire, par ses propres moyens ou ceux d’un tiers, les enfants engagés par contrat à un collègue.
6. Nul ne portera atteinte par médisance à la réputation d’un collègue ; il pourra cependant le dénoncer au chantre.
7. Nul ne baillera ses écoles à ferme, ni n’aura de collègue associé, mais il pourra avoir un sous-moniteur.
8. Nul ne tiendra avec lui un sous-moniteur qui aura été auprès d’un autre maître, à moins qu’il n’y ait trois écoles entre les deux.
9. Aucun procureur d’une quelconque cour ne tiendra écoles.
10. Aucun chapelain semblablement.
11. Aucun sous-moniteur ne tiendra écoles à côté de son maître, à moins qu’il n’y ait trois écoles entre eux deux.
12. Aucun maître ne vivra avec une femme de mauvaise réputation.
13. Chacun gardera la paix avec son collègue ; et si un différend se fait jour à propos des écoles, il sera réglé par la sentence du seigneur chantre, sous peine de privation des écoles.
14. Nul ne traînera en justice un collègue devant un autre que le chantre pour un procès portant sur les écoles, sous peine de la même sanction.
15. Nul ne recevra les écoles d’un autre collateur dans quelque paroisse, à supposer qu’une autre personne que le chantre veuille les lui confier.

16. Tous doivent être présents à vêpres la veille de la Saint-Nicolas (6 décembre) à la messe, le jour de la fête et à l’heure des vêpres, aux vigiles pour les défunts, et le lendemain à la messe.
17. Chaque maître ou chaque maîtresse se tiendra dans les limites qui lui ont été fixées [par le chantre], de façon à ne pas dépasser celles-ci en ce qui concerne le nombre ou le sexe des enfants, ou même la qualité des livres.
18. Chacun rendra la lettre [testimoniale] à là fin de l’année, c’est-à-dire à la fête de la Nativité de saint Jean (24juin) ou quand il quittera les écoles.
19. Il n’est pas dans mon intention de confier à quelqu’un des écoles autrement que jusqu’au terme de la Nativité de saint Jean, et s’il ne prête serment et s’il n’a une lettre [testimoniale].
20. Si quelqu’un dépasse le nombre d’élèves [fixé], je confisque [l'excédent] de revenus [perçus sur les] écoliers au-delà du nombre concédé.
21. Que personne ne sorte de la ville, sauf un jour de fête; si ce n’est avec l’autorisation du chantre et s’il ne laisse un sous-moniteur suffisant et ceci du consentement du chantre.
22. Tous les maîtres ou maîtresses doivent-assister aux obsèques des maîtres ou des maîtresses défunts.
23. Qu’aucune femme n’ait d’autres élèves que des filles.
24. Que personne n’enseigne les livres de grammaire, s’il n’est bon grammairien et suffisamment compétent en la matière.« 

Extrait de Ghislain Brunel et Elisabeth Lalou (dir.), Sources d’histoire médiévale IXe-milieu du XIVe siècle, Paris, 1992, p. 605-606 (traduit du latin par G. brunel et E. Lalou).

4 Réponses à “Les petites écoles (1336)”

  1. Florian dit :

    Je suis assez perplexe en ce qui concerne la datation du document. Il me semble qu’il serait plus judicieux de situer ce texte aux alentours de 1357. De plus, la photographie jointe est celle de Jean II le Bon, dont le règne s’étend de 1350 à 1369 et qui reste célèbre pour avoir été fait prisonnier lors de la bataille de Poitiers.

  2. Bonjour,

    La datation est celle proposée par les éditeurs du texte et nous n’avons pas souhaité en proposer une autre. Quant à l’iconographie, elle est uniquement en lien avec la rubrique et donc totalement indépendante du texte et de sa datation.
    Bonne journée,
    Le modérateur

  3. Florian dit :

    Voici un lien qui peut corroborer mes dires. De plus, je suis étudiant en histoire et il m’a été permis d’étudier ce texte.

    http://classes.bnf.fr/ema/anthologie/paris/24.htm

  4. jean luc deuffic dit :

    Le chantre de Notre-Dame de Paris était collateur de toutes les « escolles de Paris et de la banlieue ». Voir par exemple en 1358 (dans Paris, BU, carton 1, liasse 3) le chantre Vital de Preuilly, concéder au maître breton « Guydomaro de Villaordei » (trad.):
    « A tous ceux qui ces présentes lettres verront, Vital de Preuilly, professeur ès lois, chantre de l’église Notre-Dame de Paris, salut sempiternel en Notre Seigneur.
    Savoir faisons que nous, connaissant la piété de maître Guymard de Villorge1, prêtre, porteur des présentes, lui concédons, suivant la coutume observée par nous et nos prédécesseurs, le droit d’instruire et d’élever les enfants dans nos écoles de la rue Quincampoix, à Paris, et cela depuis la date des présentes jusqu’à la prochaine fête de saint Jean-Baptiste.
    En foi de quoi, nous avons fait apposer notre sceau aux présentes.
    Donné l’an du Seigneur 1358, le jour de mars après Lœtare ».

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