La vente d’un château catalan (février 992)

Posté par sourcesmedievales le 12 juillet 2008

ve.jpg« Au nom du Seigneur. Moi Ramon et moi Ermengol, par la grâce de Dieu comtes, sommes vendeurs à toi Enneg dit Bonfill, acheteur, fils de Sendered, décédé. Par cette écriture de notre vente, nous te vendons notre château appelé Cervello, avec ses limites, avec les églises, les dîmes et les paroisses qui se trouvent à l’intérieur de ses limites, avec les tours et les sommets, avec les maisons et les fermes, avec les terres et les vignes, et tous les alleux qui s’y trouvent, avec les forêts et les garrigues, les montagnes et les collines, les prés et les pâturages, les ruisseaux et les fontaines, les jardins et les arbres fruitiers, les marécages et les eaux courantes, les moulins et leurs chenaux, avec les espaces incultes et les terres cultivées, avec tous les arbres et les arbres fruitiers, avec toutes les choses qui sont à l’intérieur de ses termes ou limites. Ce château de Cervello que nous te vendons se trouve, avec ses limites, dans le comté de Barcelone, le long de la rivière du Llobregat. Ce château de Cervello que nous te vendons avec ses limites nous advint de notre père ou de notre mère, ainsi que d’une donation que nous fit notre père et par d’autres voies encore.

Tout cela [...] nous te le vendons, ainsi qu’il a été défini ci-dessus [...] en pleine propriété pour le prix de cent pessas d’argent pur d’un poids convenable, à l’exception des alleux qui appartiennent au monastère de Sant Cugat ou à saint Michel, dont la basilique est construite à Barcelone, ou au monastère de saint Pierre, qui se trouve aux portes de Barcelone [...], et à l’exception des 15 pariliatas de terre, des 30 modiatas de vigne et des jardins qu’aujourd’hui le comte Borrell retenait dans sa propriété pour son usage personnel ; et ce prix, toi, acheteur, tu nous l’as versé et nous vendeurs l’avons reçu dans nos mains et rien n’en est demeuré en ta possession. Et c’est manifeste. Tous les biens susdits que nous te vendons ainsi qu’il est défini ci-dessus, nous les transférons de notre droit en ta propriété et pouvoir, avec leurs entrées et issues, de sorte que tu aies au nom de Dieu le plein pouvoir d’en disposer et faire ce que tu voudras. Si nous vendeurs venions à nous dresser contre cette vente ou quiconque venait à le faire, qu’il ne puisse faire valoir sa revendication, mais qu’il compose en ta faveur – ou que nous composions – le double de la valeur, augmentation incluse, de tout ce que nous te vendons ainsi qu’il est défini ci-dessus, et que la vente demeure établie maintenant et à jamais. (Suivent les souscriptions). »

M. Zimmermann (éd.), Les sociétés méridionales autour de l’an mil, Paris, 1992, p. 207-209.

Laisser un commentaire

 

lesjournalistes |
Carnet de voyage |
Espace d'un enseignant-appr... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | luna la lunatique dans la lune
| maman89
| *~~ Lili ~~*