La mort de saint Daniel le Stylite

Posté par sourcesmedievales le 6 mai 2008

byzance.jpg« c. 97. […] Notre illustre père Daniel mourut un samedi, à la troisième heure, le 11 décembre de la seconde indiction et, à l’instant même de sa mort, il accomplit un miracle, guérissant [un] homme de son esprit inique.

c. 98. Quand on eut enlevé le parapet, on trouva les genoux du saint collés à sa poitrine, ses cuisses à ses talons et à ses jambes. Et lorsqu’on voulut forcer ses membres à s’étendre, il se fit un tel craquement de ses os que nous pensions qu’il éclaterait en morceaux. Néanmoins, une fois qu’on l’eut déposé, son corps apparut complètement intact, sauf que les pieds étaient rongés par la gangrène et les vers qui les mangeaient… On le revêtit d’une tunique de peau, comme il en avait coutume, et, lorsqu’on eut apporté et placé sur la colonne une planche, il y fut déposé.

c. 99. Au profond de l’aube, le très aimé de Dieu archevêque Euphémios arriva, et, étant monté sur la colonne par l’escalier, il embrassa la pieuse dépouille. À leur tour aussi, tous les fidèles dotés d’une dignité et d’une autorité montèrent au sommet de la colonne, reçurent la bénédiction du bienheureux corps et l’embrassèrent. Le peuple demanda qu’avant l’enterrement le saint lui fût montré, et, en conséquence, il se fit alors un incroyable tumulte. En effet, sur l’ordre de l’archevêque, on dressa debout la planche sur laquelle le corps avait été fixé de manière qu’il ne pût tomber, et, à la manière d’une icône, le saint fut exposé de tous côtés à la vue de tous […].

c. 100. […] Craignant que le corps ne fût déchiré par la foule, l’archevêque Euphémios ordonna qu’on le mît dans un cercueil de plomb… Il le mit sur ses épaules et le transporta avec la fleur des nobles fonctionnaires et des hommes pieux, et, par la spirale de l’escalier, ils descendirent, sans dommage pour lui, le précieux cadavre. Cependant, comme la foule s’était massée devant l’entrée de l’oratoire pour recevoir la bénédiction de la relique, les planches, incapables de supporter un tel assaut, se séparèrent l’une de l’autre et tous ceux qui portaient le cercueil furent précipités à terre avec la sainte dépouille. Cependant, par la grâce du Seigneur, les porteurs ne subirent aucun mal […]. Quant à Daniel, une fois transporté dans l’oratoire, il fut déposé sous les saints martyrs, comme il l’avait demandé. »

Vie de Daniel le Stylite, éd. H. Delahaye, Les saints stylites, Bruxelles, 1923, Subsidia hagiographica, 14, p. 91-92 ; tr. (révisée) A. J. Festugière, Les moines d’Orient, t. 2, Paris, 1961, p. 160-162. M. Kaplan (dir.), Le Moyen Âge, IVe-Xe siècle, Rosny, 1994, p. 76.

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