La grande mosquée des Omeyyades à Damas

Posté par sourcesmedievales le 6 mai 2008

Al-Harîrî - (Maqâmât) Al-Wasîtî. Irak, 1237.« Damas, métropole de Sham [nom donné à la Syrie par les musulmans], résidence royale sous les Omeyyades, referme les vestiges de leurs châteaux, construction de bois et de brique crue. La ville est entourée de fortifications, elles aussi de brique, qui furent édifiées du temps que j’étais moi-même à Damas. La plupart des marchés sont couverts […]. C’est un pays sillonné de cours d’eau, cerné d’arbres, où les fruits abondent et où les tarifs sont bas ; il peut y neiger et l’on y trouve des produits des deux hémisphères. On ne voit nulle part des bains aussi beaux, des fontaines aussi merveilleuses, des habitants au caractère aussi ferme. »

D’après al-Muqaddasî, La meilleure répartition pour la connaissance des provinces, dans A. Miquel, Damas, 1963, p. 165-167.

« Il y a dans cette ville une mosquée qui surpasse en beauté et en composition architecturale toutes les autres mosquées du territoire de l’Islam. Les murs, ainsi que la coupole qui surmonte le mirhab, près de la Maqsura, sont l’œuvre des Sabéens : c’était leur temple. Puis il passa aux mains des Grecs qui y célébraient leur culte. Plus tard, il devint la propriété des juifs et de certains princes adorateurs de statues et d’idoles. […] C’est alors que les Chrétiens prirent possession de l’édifice ; par leurs soins, il devint une église, dans laquelle ils célébrèrent leur culte jusqu’à l’apparition de l’Islam. L’endroit devint la propriété des musulmans, qui en firent une mosquée. Walid ibn Abd al-Malik restaura l’édifice pendant son règne, il fit paver le sol de marbre et lambrissa les parois en marbre bigarré ; les colonnes furent faites en marbre tacheté ; les clefs de voûte et les chapiteaux des colonnes étaient en or ; et le mirhab, doré et incrusté de pierreries. Le tour des plafonds fut doré et orné d’inscriptions sur les autres côtés des murs de la mosquée. On dit que cette restauration engloutit plusieurs années de l’impôt foncier de Syrie. La terrasse est en plomb : lorsqu’on y verse de l’eau pour la nettoyer, celle-ci coule alors tout autour du périmètre de la mosquée, si bien qu’en donnant libre cours, elle se répand normalement hors du bâtiment et de ses angles. L’impôt foncier de la Syrie, […] dépassait un million huit cent mille dinars. »

D’après Ibn Hawqal, Le livre de la configuration de la terre, traduction par J.-H. Kramers et G. Wiet, Paris, 1965, p. 171-172.

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