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La victoire du Yarmouk rapportée par al-Tabari (636)

Posté par sourcesmedievales le 4 mai 2008

Al-Harîrî - (Maqâmât) Al-Wasîtî. Irak, 1237.« Abû Bakr avait assigné à chacun des généraux qu’il avait envoyés de Médine en Syrie le commandement d’une province : il avait donné la province de Hims à Abu Ubayda, fils de Djerrah ; celle de Damas à Yazid, fils d’Abu Sufyan ; celle de l’Urdun à Shurahbil, fils de Hasana, et celle de Filastin à ‘Amru, fils d’al-As. Chacun de ces généraux se dirigea vers la province qui lui était assignée. À cette nouvelle, le roi de Roum fit partir de Constantinople pour la Syrie cinquante mille hommes, qui devaient marcher, par corps de dix et de vingt mille hommes, contre les différents détachements des musulmans, qui formaient en tout sept mille combattants.
Se voyant attaqués par une armée de cinquante mille hommes, les musulmans avertirent Abû Bakr, qui écrivit [aussitôt] à Khalid, fils de Walid, pour qu’il se rendît [sans retard] de l’Iraq en Syrie. En conséquence Khalid amena une troupe de neuf mille soldats, et Abu Bakr y envoya chaque jour de nouvelles troupes, de sorte que le nombre des musulmans fut porté à trente-[six] mille hommes. Instruit de l’arrivée de ces renforts, le roi de Roum envoya l’ordre à son armée, composée de cinquante mille soldats, de ne point franchir les frontières de Roum avant qu’il arrivât lui-même. Il vint bientôt, à la tête d’une armée de deux cent mille hommes. À cette nouvelle, Khalid s’établit près d’une rivière nommée Yarmouk et appela auprès de lui toutes les troupes musulmanes. Le roi de Roum marcha contre lui avec ses deux cent cinquante mille hommes.

Or, on annonça à Khalid qu’Abu Bakr était gravement malade, à Médine. Les musulmans furent découragés par cette nouvelle. Khalid, leur adressant un discours, leur dit : « Jamais une armée d’infidèles aussi nombreuse ne s’est trouvée en présence des musulmans. Ne vous abandonnez pas au découragement à cause de la maladie d’Abu Bakr. Combattez le combat de Dieu et luttez pour la religion ! » Il leur donna ainsi beaucoup de bonnes paroles.

Ensuite on fut informé que le roi de Roum, franchissant le fossé [qui protégeait son camp], était en marche vers le Yarmouk. Khalid disposant son armée en ordre de bataille, plaça à l’aile droite Amru, fils d’al-As, et à l’aile gauche, Yazid, fils d’Abu Sufyan, chacun avec dix mille cavaliers ; lui-même occupa le centre. Abd al-Rahman, fils de Khalid, portait l’étendard de Badr attaché à son cou. Après avoir divisé ses trente-six mille soldats en trente-six corps commandés par autant de généraux, Khalid marcha à l’ennemi. Le jour de la rencontre, les deux cent cinquante mille Romains formèrent leur ligne de bataille. Khalid ordonna aux lecteurs du Coran de son armée de réciter la surate al-Antal [« les dépouilles »] ; puis il fit proclamer que ceux d’entre les Muhadjir et les Ansar qui avaient été les compagnons du Prophète sortissent des rangs et se réunissent sur un point. Il les plaça devant les lignes de bataille et prononça ces mots : « Ô Seigneur, voici les hommes par lesquels tu as porté aide à ton prophète et par lesquels tu as fermement établi ta religion ! » Ensuite, ayant assigné aussi un poste séparé à ceux qui avaient assisté au combat de Badr et qui étaient au nombre de cent. Khalid leur dit : « Quant à vous, je ne vous demande pas de combattre ; mais vous devez tous vous prosterner et prier, afin que Dieu nous vienne en aide. » Ces hommes firent ainsi. Ils prièrent et récitèrent le Coran. La bataille s’engagea… . »

Les quatre premiers califes, extrait de la Chronique de al-Tabari, trad. par H. Zotenberg, Paris, 1981, p. 108-110.

4 Réponses à “La victoire du Yarmouk rapportée par al-Tabari (636)”

  1. homme86 dit :

    la description est trop courte

  2. Bonjour,

    Il n’y a pas de description particulière. Il s’agit juste de publier la source.
    Bonne journée.

  3. DevoirSurLaBatailleDeYarmouk dit :

    Je dois faire un devoir sur cette Bataille et là je galère, sa m’aide absolument pas.

  4. Bonjour,

    Pour vous aider, des orientations bibliographiques :
    B. Lewis, Les Arabes dans l’histoire, Paris, 1993 (nouvelle édition)
    R. Mantran, L’expansion musulmane VIIe-XIe siècle, Paris, 1995

    Vous trouverez de l’information sur l’auteur dans le Dictionnaire historique de l’Islam écrit par Dominique et Janine Sourdel aux PUF (biographie de l’auteur, p. 781)

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