La constitution Tanta (16 décembre 533)

Posté par sourcesmedievales le 4 mai 2008

byzance.jpg« Au nom de notre Seigneur et Dieu Jésus-Christ, l’empereur César Flavius Justinianus, l’alaman, le franc, le goth, le germain, l’ante, l’alain, le vandale, l’africain, pieux, heureux, glorieux, vainqueur et triomphateur, toujours auguste, au Sénat et à tous les peuples.

Si grande est à notre égard la sollicitude du Dieu d’humanité que son aide […] ne nous fait jamais défaut. Après que les guerres contre les Perses se sont éteintes dans une paix éternelle, après que la race des Vandales a été éliminée et que Carthage […] a été à nouveau rattachée à l’Empire romain, Dieu a permis que les lois du passé, alourdies par les années, retrouvent grâce à notre vigilance une nouvelle beauté et de plus justes proportions, chose que personne avant nous n’avait jamais conçu et dont on pensait qu’elle excédait les possibilités humaines. Il était en effet prodigieux de rassembler toute la jurisprudence romaine depuis la fondation de Rome jusqu’à nos jours […], viciée par des contradictions internes, même dans les constitutions impériales, et de la ramener à l’unité […] . Nous avons confié l’ensemble de la tâche au très noble Tribonien, maître des offices, ex-questeur de notre Sacré Palais et ex-consul […]. Déjà les constitutions impériales avaient été rassemblées en douze livres dans le Code qui s’honore de notre nom ; abordant ensuite le gros de la tâche, nous avons pris les savants ouvrages de jurisprudence de l’Antiquité, déjà dispersés et presque perdus, et nous avons confié au même Triborien le soin de les recueillir et de les livrer sous une forme appropriée […]. Il était nécessaire de lire et d’examiner complètement pour y choisir ce qui s’y trouvait de mieux […] qui fut ramassé en cinquante livres et toutes les ambiguïtés furent résolues sans équivoque. Nous avons donné aux livres le nom de Digestes ou Pandectes […].

Que personne, ni ceux qui aujourd’hui ont l’expérience du Droit, ni ceux qui l’auront à l’avenir, n’ose adjoindre à ces lois des commentaires ; sauf si l’on veut traduire par des mots grecs, dans l’ordre même qui est celui des mots latins […]. »

Digestes, éd. Th. Mommsen, P. Krüger, W. Kunkel, Berlin, 1954 (16e édition), p. 441-448.

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