L’hérésie d’Orléans (1022)

Posté par sourcesmedievales le 18 avril 2008

xie.jpg« À cette époque, en l’an de l’Incarnation du Seigneur 1022, la trente-cinquième année du Robert et la sixième de son fils Hugues, en l’anniversaire de la Nativité du Seigneur, on entendit parler d’une infâme hérésie, contraire à la Sainte Église catholique. Il y avait en effet dans la cité d’Orléans, des personnes appartenant à l’ordre de la cléricature, élevées depuis l’enfance dans la sainte religion, imprégnées autant de littérature sacrée que de littérature profane.

Les uns étaient prêtres, d’autres diacres, d’autres sous-diacres, cachant sous la peau du mouton l’abominable loup de leur propre perdition. Leur chef était Étienne ainsi que Lisoie, germe du diable et cause de la perdition d’un grand nombre. Mais alors que la vérité dit : « rien n’est voilé qui ne doit être dévoilé et [rien n’est] dissimulé qui ne doit être obtenu », elle révéla aussi les folles aberrations de ces hérésiarques. Voilà en quoi elles consistaient : ils prétendaient qu’ils croyaient à la Trinité dans l’unité divine et que le Fils de Dieu s’était fait chair ; mais c’était mensonge, car ils disaient que les baptisés ne peuvent recevoir le Saint-Esprit dans le baptême et que, après un péché mortel, nul ne peut en aucune façon recevoir le pardon.

Ils ne comptaient pour rien l’imposition des mains. Ils ne croyaient pas à l’existence de l’Église, ni que le contenu puisse se définir par le contenant. Ils disaient que le mariage ne doit se faire avec bénédiction, mais que chacun peut prendre femme comme il l’entend ; que l’évêque n’est rien et qu’il ne peut ordonner un prêtre selon les règles accoutumées, parce qu’il ne possède pas le don du Saint-Esprit. Ils se vantaient d’avoir une mère en tous points semblable à celle du Fils de Dieu, alors que celle-ci ne peut être tenue pour semblable à aucune autre femme et qu’elle ne peut avoir d’émule.

Le vénérable prélat, prenant conscience de cette affaire, vint à Orléans avec les plus sages de l’Église de Fleury. Et, les ennemis de la foi ayant été confondus par les témoignages des livres sacrés, ledit roi ordonna de les livrer au feu pour en donner possession aux feux de l’éternité. »

Vita Glauzlini abbatis Floriacensis monasterri, trad. R. H. Gautier ; G. Labori, Paris, 1969, p. 97-99.

Laisser un commentaire

 

lesjournalistes |
Carnet de voyage |
Espace d'un enseignant-appr... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | luna la lunatique dans la lune
| maman89
| *~~ Lili ~~*