Les Liens féodaux vassaliques entre Fulbert et Renaud

Posté par sourcesmedievales le 18 avril 2008

xie.jpgLettre de Fulbert à Renaud, évêque de Paris

« Fulbert à Renaud. Je réclame de vous la sécurité quant à ma vie, à mes membres, aux terres que je possède et que j’acquerrai sur votre conseil ; en ce qui concerne votre aide, [je la réclame] contre tous les hommes, réserve faite de la fidélité due à Robert ; en ce qui concerne la remise du château de Vendôme, [je la réclame] pour mon usage ou pour celui de mes fidèles, qui s’engageront à vous le garantir ; [je réclame] l’hommage de vos chevaliers qui tiennent un bénéfice sur notre fief, réserve faite de la fidélité qu’ils vous doivent [...]. Si vous pouvez faire cela, je suis disposé à observer l’accord que j’ai conclu avec vous ; si vous ne voulez pas, veuillez ne pas m’importuner par un voyage. Portez-vous bien. »

Lettre de Fulbert aux vassaux de l’évêque Renaud

« Fulbert, évêque par la grâce de Dieu, à Gontier, Hubert vicomte, Roger, Bucard, Hugues fils de Hugues, Ottredus, Hamelin, Hugues fils d’Ebrard, à l’épouse de Guismaud, et à tous ceux qui tiennent un fief de l’église Notre-Dame de Chartres par don de l’évêque Renaud. Je vous invite [...] à venir vers nous d’ici la prochaine fête de Pâques, soit pour faire le service que vous nous devez, soit pour rendre compte légitimement de vos fiefs. Si vous n’avez pas fait cela, je vous excommunierai en raison de votre offense et je vous interdirai d’entendre le service divin, de recevoir vivant la communion, et morts la sépulture. Bien plus, je jetterai l’anathème sur le château de Vendôme et sur son territoire, de sorte que le service divin ne pourra y être célébré et que les morts ne pourront y être ensevelis. Ensuite, les fiefs que vous tenez, je les donnerai à une ou plusieurs personnes ; en outre, je ne conclurai pas d’accord avec vous à ce sujet. Que Dieu vous remette dans le droit chemin, mes fils. »

Lettre de Fulbert à Guillaume, duc d’Aquitaine

« Au très glorieux duc d’Aquitaine Guillaume, Fulbert évêque. Invité à écrire sur la teneur de la fidélité, j’ai noté brièvement pour vous ce qui suit, d’après les livres qui font autorité. Celui qui jure fidélité à son seigneur doit avoir les six mots suivants toujours présents à la mémoire : sain et sauf, sûr, honnête, utile, facile, possible. Sain et sauf, afin qu’il ne cause aucun dommage corporel au seigneur. Sûr, afin qu’il ne nuise pas à son secret, ni aux ouvrages fortifiés qui lui procurent la sécurité. Honnête, afin qu’il ne porte pas atteinte à ses droits de justice, ni à d’autres éléments où son honneur peut paraître engagé. Utile, afin qu’il ne porte aucun préjudice à ses possessions. Facile et possible, afin que le bien que son seigneur pourrait faire aisément ne lui soit pas rendu difficile, et que ce qui lui était possible ne lui devienne pas impossible. Il est juste que le fidèle se garde de ces actes pernicieux. Mais il ne mérite pas ainsi son chasement. Car il ne suffit pas de s’abstenir de faire le mal ; il faut aussi faire le bien.

Il importe donc que dans les six domaines mentionnés ci-dessus, le vassal fournisse fidèlement à son seigneur le conseil et l’aide s’il veut paraître digne du fief et respecter la foi qu’il a jurée. Le seigneur doit aussi rendre en toute chose la pareille à son fidèle. S’il ne le faisait pas, il serait taxé à juste titre de mauvaise foi, de même que le vassal qui serait surpris en train de manquer à ses devoirs, par action ou par consentement, serait coupable de perfidie et de parjure […]. »

Recueil des Historiens des Gaules et de la France, t. X, p. 447-448, 463.

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