La prise de Jérusalem (1099)

Posté par sourcesmedievales le 18 avril 2008

xie.jpg[…] Exultant d’allégresse, nous parvîmes jusqu’à la cité de Jérusalem un mardi, le 7 juin [1099], et nous l’assiégeâmes admirablement. Robert, duc de Normandie, l’assiégea du côté nord près de l’église du protomartyr Saint-Étienne, à l’endroit où il fut lapidé pour le nom du Christ. À sa suite était Robert, comte de Flandre. À l’Ouest, il y avait le duc Godefroi et Tancrède. Le comte de Saint-Gilles l’assiège au midi, sur la montagne de Sion, aux environs de l’église de Sainte-Marie, mère du Seigneur, où Il célébra la Cène avec ses disciples […].

Pendant ce temps, nous endurâmes le tourment de la soif au point que nous dûmes coudre des peaux de bœufs et de buffles dans lesquelles nous transportions l’eau sur six milles, et l’eau que l’on sortait de ces récipients était une eau fétide ; mais, autant que cette eau puante, le pain d’orge était pour nous l’objet quotidien de gêne et de dégoûts violents. […]. Quand nos seigneurs eurent reconnu le côté le plus faible de la cité, ils transportèrent une nuit de samedi [9 juillet] la machine et le château de bois du côté est […]. Quant au comte de Saint-Gilles, il faisait réparer sa machine dans le secteur sud […].

Le vendredi [15 juillet], à l’approche de l’heure où Notre Seigneur Jésus-Christ a daigné souffrir pour nous le supplice de la Croix et tandis que nos chevaliers, et notamment le duc Godefroi et le comte Eustache son frère, se battaient courageusement dans le château, l’un de nos chevaliers nommé Leutaud escalada le mur de la ville. Sitôt qu’il fut monté, tous les défenseurs de la ville s’enfuirent des murs de la cité […]. Après avoir enfoncé les païens, les nôtres appréhendèrent dans le temple un grand nombre d’hommes et de femmes, tuant ou épargnant qui bon leur semblait […]. Puis, tout heureux et pleurant de joie, les nôtres allèrent adorer le Sépulcre de Notre Sauveur Jésus […]. Le huitième jour après la prise de la ville, on élut le duc Godefroi prince de la cité. […] On élut également patriarche le très sage et honorable Arnoul. […]« 

Histoire anonyme de la première croisade, éd. et trad. L. Bréhier, Paris,

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