Une journée du moine bénédictin

Posté par sourcesmedievales le 14 avril 2008

ve.jpg« L’oisiveté est l’ennemie de l’âme, les frères doivent consacrer certaines heures au travail des mains et d’autres à la lecture des choses divines. C’est pourquoi nous croyons pouvoir régler l’une et l’autre de ces occupations de la manière suivante.

De Pâques jusqu’aux calendes d’octobre, les frères sortiront dès le matin pour s’employer aux travaux nécessaires, depuis la première heure du jour jusqu’à la quatrième environ ; depuis la quatrième jusqu’à la sixième, ils s’adonneront à la lecture.

Après la sixième heure, leur dîner fini, ils se reposeront sur leur lit dans un parfait silence. Si quelqu’un veut lire, il pourra le faire, pourvu qu’il n’incommode personne. On dira None plus tôt qu’à l’ordinaire, environ vers la huitième heure et demie. Après quoi, ils se mettront à l’ouvrage jusqu’à Vêpres.

Si les frères se trouvent obligés par la nécessité ou la pauvreté à travailler eux-mêmes aux récoltes, ils ne s’en affligeront pas, c’est alors qu’ils seront vraiment moines, lorsqu’ils vivront du travail de leurs mains, à l’exemple de nos Pères et des Apôtres. Que tout néanmoins se fasse avec modération, par égard pour les plus faibles.

À partir des calendes d’octobre jusqu’au commencement du Carême, les frères vaqueront à la lecture [depuis le matin] jusqu’à la fin de la deuxième heure ; à la deuxième heure on dira Tierce. Ensuite, ils travailleront jusqu’à la neuvième heure à l’ouvrage qui leur a été enjoint. Au premier coup de None, ils quitteront tous leur travail, de façon à être prêts quand le second coup sonnera. Après le repas, ils s’appliqueront à leurs lectures ou à la lecture des psaumes.

Durant tout le Carême, ils s’occuperont à la lecture depuis le matin jusqu’à la fin de la troisième heure ; ils travailleront ensuite jusqu’à la dixième heure entière selon ce qui lui a été ordonné.

Durant le Carême, qu’ils reçoivent tous chacun un livre de la bibliothèque, qu’ils liront en entier à tour de rôle ; les livres seront donnés au début du Carême.

Le dimanche, tous vaqueront à la lecture, exceptés ceux qui sont employés à divers offices. Si toutefois quelqu’un était si négligent et paresseux qu’il ne voulût ou ne pût méditer, ni lire, on l’appliquera à quelque travail, afin qu’il ne demeure pas oisif. Quant aux frères infirmes ou délicats, on leur donnera tel ouvrage ou métier qui les garde de l’oisiveté, sans les accabler ni les porter à s’esquiver. L’abbé doit avoir leur faiblesse en considération. »

Benedicte Regula, CSEL, LXXV, éd. R. Hanslik, XLVIII, Vienne, 1960, p. 114 ; repris par Ch. De La Roncière, PH. Contamine, E. Delort, M. Rouche, L’Europe au Moyen Âge, I, Paris, 1979, p. 103-104.

Une Réponse à “Une journée du moine bénédictin”

  1. Anonyme dit :

    mouais, c est exactement la meme chose que dans mon livre d’istoire!!!

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