Les invasions normandes selon les annales bertiniennes (ca 850)

Posté par sourcesmedievales le 13 avril 2008

ve.jpg« 881. Louis III, frère de Carloman, retourna dans son royaume pour combattre les Normands. Ceux-ci, qui dévastaient tout sur leur passage, venaient d’occuper l’abbaye de Corbie et la ville d’Amiens et d’autres lieux saints dont ils tuèrent ou chassèrent les occupants. Même Louis, tout en n’étant poursuivi par personne, s’enfuit avec sa suite. Le jugement de Dieu se manifestait ainsi clairement que ce que les Normands accomplissaient n’était pas le fait des hommes mais une intervention divine.
Aux Normands qui envahissaient maintenant son royaume, Louis s’opposa avec ce qu’il pouvait. Sur l’avis de son entourage, il construisit une forteresse en bois à Etrun, Malheureusement, le roi ne trouvant personne à qui en confier la garde, ce donjon servit davantage à la sécurité des païens qu’à la protection des Chrétiens. […]

882. L’empereur Charles vient assiéger le camp normand avec une grande armée. Mais une fois sur place, sa volonté se ramollit et, par suite de l’intervention heureuse d’une série de négociateurs, il obtint un traité. Godefrid se fit baptiser avec les siens et reçut en compensation le fief de Frise et tous les autres biens détenus jadis par Rorik. Siegfrid, Vurm et leurs compagnons reçurent plusieurs milliers de livres d’argent et d’or prélevées sur le trésor de saint Etienne de Metz et d’autres saints. […]

882. Les Normands, arrivés dans les parages de la forteresse de Laon, se mirent à piller et à incendier tout ce qui se trouvait dans le voisinage. De là, ils comptaient se rendre à Reims puis, en repassant par Soissons et Noyon, revenir à Laon, pour s’en emparer et se soumettre le royaume.

L’évêque Hincmar apprit la nouvelle. Mais les hommes de la circonscription ecclésiastique rémoise étaient partis avec Carloman ; les chanoines, les moines et les nonnes s’enfuyaient tout partout. Comme il était malade, ce fut sur un grabat et nuitamment qu’il se fit transporter à Épernay, ayant eu soin d’emporter avec lui le corps de saint Rémi et le trésor de la cathédrale. »

Hincmar, Annales Bertiniani, éd. F. Gras, J. Viellard, S. Clémencet, Paris, 1964. Trad. A. d’Haenens, Les invasions normandes, une catastrophe ?, Paris, 1970, p. 90-91 ; 93-94.

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