Visite de monastères clunisiens (1286)

Posté par sourcesmedievales le 6 avril 2008

concile.jpg« Visite de l’Auvergne faite par frère Richard, connétable du seigneur abbé, et frère Guillaume dé Sansmur, moine, l’an du Seigneur 1286.

Le jeudi après la résurrection du Seigneur, nous visitâmes Mozac où il y a 35 moines dans la communauté, faisant bien et honnêtement l’office divin. L’abbaye est en bon état, tant du point de vue spirituel que temporel.

Dans le prieuré de Marsat, dépendant de l’abbaye de Mozac, où il y a des moniales, il n’y a pas de prieur, parce que l’endroit est pauvre et, ainsi que nous l’avons compris, l’abbé de Mozac n’a trouvé personne pour accepter ledit prieuré à cause de la trop grande pauvreté dudit prieuré, et quoique les moniales servent bien Dieu et jouissent d’une bonne réputation, cependant, le défaut et l’absence d’un prieur pourraient provoquer bien des désordres et engendrer des scandales.

Le lundi après la Quasimodo, nous fûmes à Saint-Flour, où il y a 30 moines, sans le prieur et son socius, et deux écoliers non comptés ; ces moines font bien le service divin et gardent les observances de la règle. Quand le prieur vint en ce lieu, il trouva la maison chargée de 400 livres tournois ; il en a payé la moitié et paiera 100 autres livres d’ici la fête de l’Assomption de la Vierge, Les droits et domaines de ladite maison sont bien conservés, sans aucune diminution.

Le mardi suivant, nous visitâmes La Voulte. Il y a là 24 moines avec le prieur. Le sous prieur est insuffisant et inutile à son office. Car, entre autres défauts et négligences qui sont siens, à cause de son insuffisance, le silence n’est ici nulle part respecté. Le prieur doit 60 livres tournois. La maison serait en bon état sans le seigneur de Mercœur et le prévôt de Brioude qui lui infligent des dommages nombreux et manifestes et qui demandent la garde et la justice dans ladite maison de La Voulte et dans presque toutes les dépendances de ladite maison, et elle est comme perdue, à moins que le seigneur-abbé n’y apporte quelque remède La négligence et la faute du prieur ne sont pas en cause, car il défend son église autant qu’il le peut, mais lesdits seigneur de Mercœur et prévôt sont si puissants dans la région qu’il est presque impossible de résister à leur malice

Le jour de la fête de saint Marc l’Évangéliste, nous fûmes à Sauxillanges, où il y a 36 moines avec le prieur, sans compter écoliers, qui sont aux écoles. Ces moines servent Dieu bien et honnêtement et gardent les observances de la règle. Le prieur ne doit qu’un peu ou rien du tout.

Dans les prieurés dépendant de la maison de Sauxillanges, le nombre des moines a trop diminué, ainsi dans la maison de Tauves, où il y avait habituellement deux moines et où il n’en reste plus un seul maintenant. |…]. »

Statuts, chartes généraux et visites de l’ordre de Cluny, éd, Dom G. Charvin, Parıs, I965, n° I20, p. 435. Trad. Ch. De La Roncière, Ph. Contamine, R. Delort, L’Europe au Moyen Age, (fin XIIIe-fin XVe siècle), 3, Paris, 1971, p. 277-278.

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