La prédication et la confession, canons 10 et 21 de Latran IV (1215)

Posté par sourcesmedievales le 6 avril 2008

concile.jpg« Canon 10 : de l’institution des prédicateurs.

Entre autres choses relatives au salut du peuple chrétien, on sait que la parole de Dieu est un aliment des plus nécessaires : comme le corps a besoin d’une nourriture matérielle, l’âme a besoin d’une nourriture spirituelle car « l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » [Lc 4, 4]. Il n’est pas rare que les évêques, par suite d’occupations multiples, d’infirmités physiques, d’attaques ennemies, voire d’éventualités diverses pour taire l’ignorance parfaitement condamnable chez eux et qu’on ne saurait tolérer à l’avenir ne peuvent suffire à dispenser la parole de Dieu, spécialement dans les diocèses vastes et de population dispersée. Nous statuons donc par une constitution générale que les évêques désignent pour remplir sainement le saint ministère de la prédication, des hommes capables, puissants en œuvres et en paroles [Lc 24, 19], qui devront visiter à leur place les populations à eux confiées lorsqu’ils ne pourront le faire eux-mêmes, les édifier par leur parole et leur exemple, leur dispenser, s’ils en ont besoin, les secours utiles, de sorte que la privation des biens nécessaires n’oblige pas à l’abandon de l’œuvre entreprise. En conséquence nous prescrivons d’instituer, dans les cathédrales et autres églises collégiales, des hommes compétents, coadjuteurs et auxiliaires de l’évêque non seulement dans le ministère de la prédication, mais encore dans l’audition des confessions, l’injonction des pénitences, et toutes œuvres relatives au salut des âmes. Quiconque néglige de remplir ce devoir doit être sévèrement puni.

[…] Canon 21 : de la confession obligatoire, du secret de la confession et du fait de communier au moins à Pâques.

Tout fidèle de l’un ou l’autre sexe parvenu à l’âge de discrétion, doit lui-même confesser loyalement tous ses péchés au moins une fois l’an à son curé, accomplir avec soin, dans la mesure de ses moyens, la pénitence à lui imposée, recevoir avec respect, pour le moins à Pâques, le sacrement de l’Eucharistie, sauf si, du conseil de son curé, pour raison valable, il juge devoir s’en abstenir temporairement. Sinon, qu’il lui soit interdit d’entrer à l’église de son vivant, et qu’il soit privé de sépulture chrétienne après sa mort. Ce décret salutaire sera fréquemment publié dans les églises, de sorte que personne ne puisse couvrir son aveuglement du voile de l’ignorance. Quiconque désire pour des raisons légitimes confesser ses péchés à un autre prêtre, doit auparavant en solliciter et obtenir l’autorisation de son curé : autrement, ce prêtre ne peut valablement l’absoudre ou le lier. Le prêtre, quant à lui, doit agir avec discernement et prudence, pour savoir, tel un médecin expérimenté “verser le vin et l’huile” [Lc 10, 34] sur les plaies du blessé, s’enquérir avec soin de la situation du pécheur et des circonstances du péché, pour discerner en toute prudence le conseil opportun et appliquer le remède approprié, divers étant les moyens susceptibles de guérir le malade. Qu’il prenne garde de trahir en quoi que ce soit le pécheur, par une parole, par un signe, ou de tout autre façon. S’il a besoin d’un conseil éclairé, qu’il le sollicite prudemment sans dévoiler la personne : quiconque révèle le péché dénoncé au tribunal de la pénitence, nous statuons qu’il doit être non seulement déposé du ministère sacerdotal, mais voué à l’état de pénitent, à perpétuité, dans un monastère de stricte observance. »

Traduction de R. Foreville, Latran I, II, III et Latran IV, Histoire des conciles œcuméniques, 6, Paris, 1965, p. 352, 357-358.

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