Extraits des constitutions dominicaines primitives (1220-1236)

Posté par sourcesmedievales le 6 avril 2008

concile.jpg« 28. Du maître des études.
Comme il faut témoigner, à l’égard des étudiants, d’une constante vigilance, qu’ils aient un frère particulier sans la permission duquel ils ne puissent rédiger leurs cahiers, ni assister aux leçons, et qui soit chargé de corriger ce qui lui paraîtra à corriger dans leur travail. S’il n’est pas de force, qu’il soumette le cas au supérieur.
Qu’ils n’étudient pas dans les ouvrages des païens ou des philosophes, même pour une brève consultation. Qu’ils ne s’instruisent pas dans les sciences séculières, pas même dans les arts dits libéraux, sauf si, à l’occasion, et pour certains étudiants, le maître de l’ordre ou le chapitre général veulent en disposer autrement. Que tous, les jeunes et les autres, ne lisent que des livres de théologie.
Nous décidons aussi que chaque province ait à pourvoir d’au moins trois livres de théologie les frères envoyés par elle aux études ; quant aux frères envoyés aux études, qu’ils s’appliquent surtout à l’étude de l’histoire, des Sentences, du texte sacré et des gloses.

29. Des dispenses à accorder aux étudiants.
Touchant les étudiants, que le supérieur prévoie des dispenses suffisantes pour éviter que l’office, ou un autre motif, n’interrompe ou ne trouble trop facilement leurs études.

Si le maître des étudiants le juge bon, qu’on désigne un local spécial dans lequel, après les disputes ou après vêpres, ou à tout autre moment de liberté, ils se rassemblent pour exposer leurs incertitudes ou leurs questions en présence du maître ; quand l’un d’entre eux questionne et argumente, que les autres se taisent pour ne pas déranger l’orateur. Si en questionnant, ou en objectant, ou en répondant, un étudiant choque par sa grossièreté, sa confusion, ses éclats de voix, ou son impudence, qu’il soit aussitôt réprimandé par celui parmi eux qui les dirige.
Que des cellules ne soient pas affectées à tous les étudiants, mais à ceux qui au jugement du maître, en tireront profit. Ceux dont le travail restera infructueux, que leur cellule passe à un autre et qu’on les emploie eux-mêmes à d’autres tâches. Que, dans les cellules, on puisse, si on le veut, lire, prier, dormir, et même veiller la nuit pour motif d’études […].

31. Des prédicateurs.
Nous décidons que personne ne soit fait prédicateur général avant d’avoir étudié la théologie pendant trois ans. On peut toutefois admettre à s’exercer à la prédication, après un an d’études, ceux dont on n’a pas à craindre que leur prédication scandalise. À ceux qui sont aptes, quand ils auront à sortir pour prêcher, leur seront donnés par le prieur des compagnons adaptés à leurs habitudes et à leur dignité [ils se comporteront en hommes évangéliques, leurs pas dans ceux du Seigneur]. Partant pour cette dite charge de prédication, ou se mettant en route pour tout autre motif, ils ne recevront ou n’emporteront ni or, ni argent, ni monnaie, ni don, sauf la nourriture ou le vêtement, les effets indispensables et les livres. Tous ceux qui sont délégués à l’office de la prédication ou à l’étude, qu’ils soient détachés de tout souci ou de responsabilité des choses temporelles pour vaquer mieux et aisément au ministère spirituel assigné […]. »

Constitutiones antique ordinis fratrum Praedicatorum, éd. Denifle, Archiv für Literatur und Kirchengeschichte der Mittelaltert, I, 1885, p. 222-224 ; trad. Ch. De La Roncière, Ph. Contamine, R. Delort, M. Rouche (dir.), L’Europe au Moyen Âge, Paris, 1969, 2, p. 298-299.

Laisser un commentaire

 

lesjournalistes |
Carnet de voyage |
Espace d'un enseignant-appr... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | luna la lunatique dans la lune
| maman89
| *~~ Lili ~~*