Louis VII et l’assemblée de Soissons (1155)

Posté par sourcesmedievales le 5 avril 2008

concile.jpg« Moi, Louis par la grâce de Dieu roi de France. Afin de réprimer la fièvre des méchants et d’arrêter les mains violentes des pillards, à la demande du clergé et avec l’accord du baronnage, nous décrétons la paix dans tout le royaume. Pour cette saison, l’année du verbe incarné 1155, le 4 des ides de juin, nous avons réuni un concile à Soissons. Y furent présents les archevêques de Reims et de Sens ainsi que leur suffragants, tout comme les barons, les comtes de Flandre, de Troyes ou de Nevers, et d’autres très nombreux, et le duc de Bourgogne.

Par leur volonté, nous prescrivons qu’à partir de la prochaine fête de Pâques, et pour dix ans, toutes les églises du royaume et l’ensemble de leurs possessions, tous les paysans, le gros et le petit bétail également et, pour ce qui est de la sécurité des chemins, tous les marchands où qu’ils se trouvent et tous les hommes quels qu’ils soient – tant qu’ils seront prêts à venir en justice devant ceux qui doivent leur rendre justice – aient absolument tous la paix et pleine sécurité. Nous avons dit en plein concile et devant tous, par le verbe royal, que nous observerions cette paix sans la briser et que, s’il en trouvait pour violer la paix prescrite, nous ferions justice d’eux selon notre pouvoir.

Ont juré pour cette paix le duc de Bourgogne, le comte de Flandres, le comte Henri, le comte de Nevers, le comte de Soissons et le reste du baronnage présent. Le clergé également, les archevêques et les évêques, les abbés ont promis, devant les reliques sacrées et au vu de tout le concile, d’observer cette paix, de leur côté, de toutes leurs forces ; et pour que justice soit faite des violences, ils ont promis de nous aider selon leur pouvoir et ils l’ont proclamé dans la stabilité de la parole consacrée.

Pour que la chose soit entendue plus largement et qu’on n’en perde pas le souvenir, j’ai confié à la mémoire des lettres la stipulation de la chose faite et la teneur de la paix, et nous avons ordonné de les fortifier de l’autorité de notre sceau. »

Recueil des historiens des Gaules et de la France, XIV, Paris, 1806, p. 387-388 ; traduction du latin et éd. par G. Brunel, E. Lalou (dir.), Sources d’histoire médiévale, IXe – milieu du XIVe siècle, Paris, 1992, p. 142-143.

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