Le testament de Philippe Auguste (1190)

Posté par sourcesmedievales le 5 avril 2008

concile.jpg« Au nom de la sainte et indivisible Trinité, Amen. Philippe, par la grâce de Dieu roi des Francs, L’office du Roi consiste à pourvoir par tous les moyens aux besoins de ses sujets, à faire passer avant sa propre utilité celle de l’État. Puisque donc nous embrassons de toute la force de notre désir le vœu d’un pèlerinage en Terre Sainte, nous avons décidé sur le conseil du Très Haute, d’ordonner de quelle manière en notre absence doivent être traitées les affaires de notre royaume et prises les ultimes dispositions de notre existence s’il arrivait pendant notre route ce qui est conforme à la nature humaine.

Donc en premier lieu nous prescrivons que nos baillis fassent installer dans nos seigneuries par chacun de nos prévôts quatre hommes prudents, légitimes et de bonne réputation. Que sans le conseil de ces hommes, ou de deux d’entre eux au moins, les affaires de la ville puissent se traiter. Une exception : Paris où nous établissons six hommes probes et légitimes […]

Quant aux terres qui sont désignées par des noms particuliers, nous y avons établi nos baillis, lesquels dans leur baillie, fixent tous les mois un jour que l’on appelle Assise. Ce jour-là, par leur entremise, tous ceux qui porteront plainte recevront immédiatement droit et justice, et nous, nos droits et la justice qui nous revient. Les forfaits qui nous appartiennent en propre, c’est là qu’ils seront écrits.

 

En outre nous voulons et prescrivons que notre mère très chère la reine Adèle décide avec notre très cher et fidèle oncle Guillaume archevêque de Reims un jour tous les quatre mois où, à Paris, ils entendent les plaintes des hommes de notre royaume et leur apportent solution en l’honneur de Dieu et pour l’utilité de notre royaume.

Et nous commandons en outre, que nos baillis qui tiendront les Assises par les villes de notre royaume soient devant eux ce jour-là et qu’ils exposent en leur présence les affaires de notre terre […]

Pour nos baillis, la reine et l’archevêque ne pourront leur ôter leur baillie, sinon pour meurtre pour rapt pour homicide ou pour traîtrise, les baillis ne pourront destituer les prévôts sinon pour un de ces crimes. Quant à nous, avec le conseil de Dieu, nous ferons de ces crimes une telle justice, quand lesdits hommes nous aurons fait connaître en vérité l’affaire, que tous les autres pourront à juste titre trembler […]

Nous interdisons à nos prévôts et à nos baillis, d’arrêter toute personne ou de confisquer son avoir, chaque fois qu’elle voudra s’engager par des garants solides à se présenter à la justice de notre cour, sauf pour meurtre pour homicide pour rapt ou pour traîtrise.

Nous prescrivons en outre, que tous les revenus, nos services et nos recettes soient portés à Paris à trois périodes de l’année : d’abord à la Saint Rémi, ensuite à la Purification de la Sainte Vierge, en troisième lieu à l’Ascension. »

Recueil des Actes de Philippe Auguste, 1, Paris, 1916, p. 417 ; éd. Ch. De La Roncière, P. Contamine, R. Delort, M. Rouche (dir.), L’Europe au Moyen Âge, 2, p. 34-35.

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