La Seigneurie de Randans ou l’ordre au village (1120)

Posté par sourcesmedievales le 5 avril 2008

concile.jpg« Pons, par la grâce de Dieu abbé de Savigny […]. Nous avons protesté contre les injustes coutumes que certains puissants du château de Donzy, appelés les Chal, avaient imposé sur les terres de […] Savigny, en l’honneur de Randans […]. Puis, moi et eux avons eu une entrevue. Et, après que nous eûmes exposé nos griefs, ils répondirent qu’ils nous laisseraient en paix, dans la mesure où ils pourraient prouver, par témoins loyaux, que leur aïeul […] et leur père […] avaient tenu l’honneur de Randans.

Le témoignage fut donc produit ainsi :

À l’intérieur du village de Randans, ils ont une maison sans fortifications ; au-dehors, ils en ont une autre pour engranger leurs récoltes, avec un jardin, dans la partie du village que l’on appelle communément Châteauneuf. Si les chevaliers habitant le village commettent quelque forfait, les Chal doivent en répondre sans inquiéter l’abbé. Si un duel judiciaire est livré, les Chal ont la moitié de ce qui est perçu d’après la loi. Si les hommes du village ont un procès entre eux, la justice en revient au prieur. Si quelqu’un, gonflé d’orgueil, veut se justifier contre le prieur, les Chal, à la réquisition du prieur, devront contraindre le rebelle à comparaître devant lui ; de l’amende de justice qui sera levée, ils n’auront rien, à moins que le prieur ne la leur donne. Si la clôture du village tombe en ruine, le prieur doit la rebâtir à leur requête. S’il s’y refuse, eux-mêmes, aussi bien avec les hommes du village qu’avec ceux de leurs terres, doivent la refaire. Si le prieur veut changer la porte du village, il doit le faire avec leur consentement ; l’instrument communément appelé échafaud, où doit agir le bourreau du village, eux-mêmes doivent l’ériger ; et le prieur doit instituer le bourreau. La maison que Guillaume Chal possède dans le village conte un cens annuel d’une émine de miel, le prieur Agnon la lui a donnée. Sur les manses qui dépendent du même honneur, et qui sous leur garde, ils perçoivent une émine de vin et une autre d’orge ; sur la moitié d’un manse, une demi-émine d’orge et une demi de vin ; et sur une cabanerie, une demi-quartal d’orge. Ce témoignage ayant été produit, l’un des témoins qui paraissait le plus vieux affirma par serment, la main levée au-dessus de l’autel, que lui et les autres avaient attesté la vérité. »

Cartulaire de l’abbaye de Savigny, n°906, éd. et trad. R. Boutruche, Seigneurie et féodalité, 2, Paris, 1970, p. 392-393.

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